• Comment cesser de se tracasser de ce que disent les autres

    Article d'Agnieska Rouyer

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    Pour certains, les opinions négatives provenant d’autres personnes sont la plus grande source de souffrance. En donnant le pouvoir aux autres de nous manipuler émotionnellement, nous créons nous-mêmes ces souffrances, rien qu’en nous laissant influencer par la puissance verbale de mots.

    Se libérer de cette emprise nous apporte de la confiance en nous, peu importe ce que les autres disent, que ce soit au travail, à l’école, dans une boutique, pendant une conversation avec les parents ou nos amis.

    Comment devenir cet être libre émotionnellement ?

    Comment devenir cet être libre émotionnellement et se sentir bien à sa juste place, sans se laisser influencer par les remarques des autres ? Laisse-moi te raconter l’histoire d’un garçon qui avait plein d’ambitions et de projets. Il s’appelle Julien et a 16 ans. Il commence à cheminer dans un monde d’adultes. Il commence à rêver de qui il pourrait devenir dans le futur et de ce qu’il pourrait faire une fois adulte lui-même. Il aimerait devenir scientifique et étudier les phénomènes chimiques. À l’école, cependant, ses notes sont « faibles », mais il ne se décourage pas. Il achète des livres sur la chimie et commence à lire. Mais ses parents n’aiment pas sa démarche et se basent sur les remarques des profs de l’école. Selon eux, pour que Julien puisse devenir quelqu’un d’important, il devrait étudier beaucoup plus et avoir de meilleures notes. Ils pensent que ce n’est que de cette façon que Julien sera en mesure d’avoir un bon job à l’avenir. Les disputes commencent entre Julien et ses parents. Au cours de ces échanges, Julien entend sa mère lui dire qu’il était nul, bon à rien et que ce qu’il fait ne le mènera nulle part.

    Julien l’a cru, malheureusement. Parce que si c’est ce que dit maman, cela veut dire que c’est vrai. Avec une grande tristesse il a abandonné la lecture des livres sur la chimie et commencé à étudier l’histoire – la matière qui détestait le plus (c’est parce qu’il détestait ce cours qu’il risquait d’avoir un 8/20 à la 2ème période).

    Pendant les deux ans qui suivirent, il était convaincu qu’il était effectivement un bon à rien et n’arriverait pas à grand-chose dans la vie. Julien ne se lançait aucun défi, ne participait pas en classe et ne prenait pas d’initiatives. Il ne savait pas non plus ce qu’il pourrait faire plus tard comme métier. Jusqu’au jour, alors qu’il était en rétho (l’équivalent de la Terminale, l’année du bac en France) un de ses amis lui dit quelque chose de très important…

    Mais nous reviendrons à Julien tout à l’heure…

    Comment ne pas se sentir affecté par ce que disent les autres ?

    Comment donc devenir libre émotionnellement et ne pas se sentir affecté par ce que disent les autres ? Comment faire pour cesser d’être une marionnette, si facilement manipulable par les paroles des autres ?

    Il t’est, peut-être, déjà arrivé que quelqu’un que tu connaissais t’ait quelque peu offensé en disant que tu étais nul ? Peut-être parce que, selon lui, tu jouais mal au foot, ou bien parce que, toujours selon lui, tu n’avais aucun sens de l’humour ? Quelle qu’en soit la raison, son affirmation a peut-être affecté ta vie ou ton état d’esprit pendant un certain temps ?

    Tu ignorais fort probablement, à ce moment-là, que toute opinion ne peut t’affecter et t’influencer… que si tu y crois ! A chaque fois que tu as ressenti des émotions négatives suite à ce que quelqu’un t’a dit, dans une moindre ou plus grande mesure, tu as dû le croire. Sinon aucune opinion ni même insulte n’aurait suscité en toi de tels sentiments. Puisque tu as réussi à croire en ce que quelqu’un d’autre a dit en mal de toi, cela signifie que toi-même, tu n’étais pas assez convaincu à ton sujet. Cela signifie aussi que tu as donné une autorité aux autres, un pouvoir, auquel tu t’es toi-même soumis, et qui t’a imposé de croire en ce qu’ils disaient. A ce moment-là tu ne croyais pas en toi-même.

    Le fait de croire l’opinion d’autrui nous concernant est notre problème, et pas celui de la personne qui le dit. Nous pouvons hurler de souffrance que « on m’a insulté! », oui, mais en réalité, c’est nous-mêmes qui nous insultons. La personne qui nous a jugé, ne l’a fait, sans doute, qu’une seule fois. Nous, par contre, nous l’avons répété dans notre tête à plusieurs reprises, à chaque fois plus intensément et donc en aggravant notre état émotionnel. Si nous croyons indubitablement quelqu’un nous disant « tu es impoli ! », c’est que nous le pensons nous-mêmes — notre conscience admet que cela pourrait être vrai. Et c’est cela la cause des émotions négatives qui naissent en nous. La cause n’est pas le fait que l’autre l’a dit ! Cela, d’ailleurs, ne concerne que celui qui le dit !

    Prenons donc la responsabilité de nos émotions

    Prenons donc la responsabilité de nos émotions, assumons-les, parce que nous sommes les seuls à les provoquer. Chaque émotion est le reflet de notre pensée. La façon dont nous nous sentons au quotidien et notre bien-être repose sur les croyances que l’on a sur nous-même. Ce bien-être repose sur l’image que nous avons de nous, et par conséquent, cela influence les perspectives de notre avenir. Tant que nous ne prenons pas la responsabilité de nos émotions, nous demeurons les esclaves des mots et des opinions d’autrui. Nous croyons en quelque chose de fictif : que d’autres personnes peuvent contrôler et influencer nos émotions.

    Pour quelle raison devrais-tu te fâcher ou souffrir quand quelqu’un donne une opinion à ton sujet qui va menacer ton ego ? Ressentir et nourrir ce genre d’émotions réduira ta capacité à agir intelligemment dans une telle situation. Cet état d’esprit peut te conduire à faire des choses que tu risques de regretter plus tard. Le calme et la sérénité sont les seules options qui te garantiront la possibilité d’agir consciemment en prenant de sages décisions.

    La responsabilité reste à tes côtés, parce que personne ne peut affecter tes émotions, sans que tu donnes ton autorisation. Si tu considères que quelqu’un t’a énervé, c’est uniquement parce que tu l’as autorisé. La compréhension de ce processus est la première et la plus importante étape vers la liberté émotionnelle.

    Je fais ici abstraction du fait que 95 % de ce que les gens disent n’est pas leur opinion ou ne le pensent même pas. Si quelqu’un t’adresse des paroles désagréables, il est fort probable qu’il veut délibérément te faire réagir, et mieux, négativement. Si tu acceptes ce fait, tu lui ouvres la porte à la manipulation. Les mots ne sont que des outils. Dans le cas des opinions négatives, très souvent ils ne sont même pas en accord avec les convictions réelles de cette personne. C’est juste le résultat de son état émotionnel.

    Les mots des autres ne nous blessent pas selon leur grandeur

    Les mots des autres ne nous blessent pas selon leur grandeur mais selon notre sensibilité. Je t’invite à jeter un coup d’œil à ton passé : combien de fois as-tu entendu de la part d’un de tes proches la phrase « mais ce n’est pas ça que je voulais dire » ?

    Donc, en quelque sorte, c’est une idée débile que de croire en ce que dit l’autre, quand l’autre lui-même n’y croit pas ! Néanmoins, la plupart des gens se martyrise en adhérant complétement aux fausses opinions, qui ont été dites – et probablement délibérément – pour provoquer une telle réaction. Lorsque nous devenons conscients de cela, nous gagnons la liberté, la liberté d’esprit. Nous commencerons à comprendre comment cela fonctionne et, enfin, nous avons la possibilité de choisir et décider en ce quoi nous croyons ou pas.

    Souviens-toi, et n’oublies jamais, que les mots peuvent te blesser uniquement si tu leur donnes une certaine signification. Avant de réagir émotionnellement, il y a un espace où tu peux décider de la façon de te sentir par rapport à ce qui as entendu.

    Malgré tout, si un jour tu te sens blessé par certaines paroles de quelqu’un, ça va être un moment très important, parce qu’à cet instant, tu découvriras ton point faible. Et cela signifie que, telle une marionnette, tu as encore des ficelles sur lesquelles les autres peuvent tirer pour jouer avec toi, ou plutôt se jouer de toi.

    Ceux qui ont une vision négative de nous, nous pouvons les appeler des ennemis. Mais ils peuvent devenir pour nous d’excellents enseignants, nos professeurs du moment. Parce que, dans une situation dans laquelle leurs paroles vont agir négativement sur notre état émotionnel, nous en apprendrons beaucoup sur nous-mêmes. Cela nous permet de trouver en nous cette zone d’ombre sur laquelle nous pouvons travailler. C’est de cette manière que nous avons la possibilité de devenir plus forts, de grandir intérieurement.

    Nous avons toujours le choix de la façon dont nous réagissons

    Nous avons toujours le choix de la façon dont nous réagissons. Ce n’est qu’une question de regard…

    Notre but dans la vie en ces instants-là est que, quoique l’autre puisse dire sur nous, sur des personnes ou choses qui comptent pour nous, nous pourrons choisir de nous sentir aussi bien qu’avant. Cet état s’appelle la liberté émotionnelle, et cette liberté nous permet de décider consciemment comment nous voulons penser et comment nous voulons réagir. Et puis, qui sait, peut-être sommes-nous déjà libres maintenant ? Parfois, il nous suffit d’un petit stimulus pour faire un grand pas sur le chemin de la réalisation de soi.

    Et comment cela se passe pour notre héros, Julien ? Eh bien, un jour, l’ami de Julien lui a transmis quelque chose de très important. Il lui a dit qu’il n’était pas du tout obligé de croire ce que disent les autres. Que la phrase « tu es nul » est juste de la foutaise, et que Julien détruit sa vie en y croyant. Ce moment-là est devenu un moment très important dans la vie de Julien : il a cessé de croire en toutes les choses horribles qu’il a entendues. Il a commencé à croire uniquement en ce qu’il voulait croire et cela a changé toute sa vie. Il lui restait encore quelques mois jusqu’aux examens finaux. Il a repris ses bouquins sur la chimie qui le passionnait tant et a commencé à les étudier. Il était fasciné par ce qu’il apprenait. Sa motivation pour l’école a augmenté, il a réussi ses examens de rétho. Il est allé ensuite à l’université et est finalement devenu celui qu’il a toujours voulu devenir…

    Latcho drom à nous tous les amis…

    Par Agnieska Rouyer
    © lapressegalactique.net

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 28 Mai à 19:44

    Oui, longtemps les mots des autres m'ont fait mal. Alors que depuis toute petite j'avais une bonne opinion de moi-même, une certaine personne a réussi à me convaincre à force de mots que je n'étais pas celle que je croyais, que je n'étais pas aussi gentille que je le disais , que je le faisais souffrir, que tout était de ma faute. mais aujourd'hui je sais que ce n'était que des mots, que je n'aurais pas dû les croire, que je n'aurais pas dû me laisser engluer par ces paroles. Il y a une phrase particulièrement banale mais qui me faisait mal au plus haut point . " Vous êtes la famille non !" Parce que lorsqu'il disait ceci, il s'excluait de la famille et n'avait pas une bonne opinion de nous, il pensait que nous étions son problème, les obstacles à sa vie, à sa réalisation. ces mots, il les pensait, ça c'est certain mais c'était son opinion, pas la mienne, je le sais maintenant... ;)

    Alors cet article me parle, c'est sûr, à force d'entendre une mauvaise opinion sur soi on devient convaincu que c'est vrai, malheureusement ! A l'école tous les profs devraient en être convaincus, il ne sert à rien de dénigrer les élèves bien au contraire ! Les encouragements sont tellement plus efficaces !  

    2
    Dimanche 28 Mai à 20:52

    Je vais sûrement dire un connacité (bah, une de plus une de moins :)  ) mais comment qu'on fait-on quant au-delà de "ce que disent les autres", et dont on peut fectivement se tartifier le groin , ça se traduit par des faits impactants la vie courante ?? Hhhhhuuuuuuuumfff ? 

      • Lundi 29 Mai à 14:50

        Non, ce n'est absolument pas une « connacité » et j'aimerais vraiment t'apporter la réponse et la solution tout faite mais malheureusement je suis en plein dedans. Mais promis, si je m'en sors vivante, je te refile le tuyau (et à tous ceux qui souffrent inutilement mais qui ne savent pas comment se sortir de là). Rien que pour emmerder ceux à qui ça profite, ça me motive.

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