• Comment la culture « woke » détruit l'individu

    Article de Richard Wolman traduit par Ey@el

    Available in English

    Chaque fois que vous voyez une INVERSION, c'est l'ombre qui est à l'œuvre. Les INVERSIONS sont les signaux de l'ombre. Le terme pour désigner un état de pleine conscience est « AWAKE » et non « woke ». « Woke » est une inversion linguistique subtile qu'on se prend en pleine figure. Et beaucoup de gens ont été incités à l'employer.

    ~ Purusha

    Notez qu'en français il n'existe aucune équivalence pour l'adjectif « woke », un néologisme pour « éveillé » avec une connotation péjorative du fait de l'enlisement dans des paradoxes irréconciliables de ceux qui s'en revendiquent. La haine qui émane de cette idéologie devrait pourtant déclencher les signaux d'alerte de tout être humain doté d'un minimum d'empathie c.-à-d. tout le monde sauf les psychopathes. Ce qui est vraiment très alarmant quand on voit l'ampleur de ce mouvement manipulé qui vise non pas à une société plus juste et plus équitable mais, tout au contraire, à la destruction de tout ce qui assure sa cohésion. Les wokes se servent de leur mentalité de victimes pour justifier leur attitude d'oppresseurs. Malgré les couleurs emblématiques de l'arc-en-ciel qu'ils arborent, leur vision de la réalité est totalement monochromatique. Pour eux, tout est soit blanc soit noir. Leur bien-pensance n'est au service que d'eux-mêmes mais cela ne les empêche nullement de traiter d’égoïstes tous ceux qui ne pensent pas d'abord à eux. L'ego sur la main et l'âme au placard (vendue à Satan pour un euro symbolique?).

    Songez donc à cette polémique stupide autour du baiser non consenti du Prince Charmant à Blanche Neige endormie (il ne lui roule pas une pelle non plus !) ; à l'écriture inclusive qui fait que l'on ne doit plus utiliser l'adjectif « enceinte » au féminin (parce que des hommes pourraient tomber enceints ?) ; à Harry Potter qui serait désormais raciste (j'aimerais bien qu'on m'explique, je l'ai pourtant lu plusieurs fois et dans deux langues différentes) ; ou encore des noirs qui se font taxer de suprémacistes blancs lorsqu'ils refusent de soutenir le racisme inversé et le pillage des villes. Toutes les vies comptent. Et pas juste celles des humains. La Vie est sacrée. C'est en commençant à penser autrement que l'on glisse progressivement vers une mentalité psychopathe, à vouloir décider de qui mérite et ne mérite pas d'exister. Et si c'était le seul moyen de réveiller l'humanité que de nous confronter à cette déchéance ?

    Ey@el

    Dans de nombreux pays occidentaux, au cours de ces dernières années, des efforts considérables ont été déployés pour gommer les différences entre nous dans le but de réduire voire mettre un terme à la discrimination en supprimant les barrières touchant à tous les aspects de l'identité.

    Dans les grandes lignes, c'est plutôt positif. La plupart s'accorderont que se voir refuser l'accès à une école, un emploi ou tout autre opportunité à cause d'une caractéristique protégée telle son sexe ou son origine ethnique est une mauvaise chose. Mais cela peut rapidement aller trop loin.

    L'essor du guerrier « woke »

    La culture « woke », issue au départ d'une expression visant à refléter la sensibilisation pour une justice sociale pour les Afro-américains, s'est étendue pour englober n'importe quel aspect touchant à l'identité. Malheureusement, au lieu de rapprocher et d'éduquer, elle est devenue synonyme d'agression verbale automatique.

    Quiconque dira « ce qu'il ne faut pas » ou « ce qu'il faut » mais en employant les « mauvais » termes ou encore qui adoptera la « mauvaise » opinion sera instantanément pris à partie. Cela se produit surtout en ligne sur les réseaux sociaux (principalement sur Twitter) parce qu'on peut y avoir des échanges en quasi-simultané.

    Annulez ça

    Quand un discours public d'une personne avec la « mauvaise » opinion est annoncé, les guerriers woke manifestent et harcèlent les propriétaires de la salle pour leur faire annuler l'événement Cette pratique a même désormais un nom : la culture de l'annulation.

    Comme Barack Obama nous a avertis le mois dernier, ces évolutions vont à l'encontre de la démocratie. Elles réduisent la liberté d'expression et étouffent le changement au lieu de le promouvoir. Comment peut-on espérer que ceux qui ont des points de vue différents des « woke » puissent en changer ? Insulter les gens n'a rien à voir avec de l'activisme, a-t-il déclaré.

    Bien sûr, quand des gens se servent d'une plateforme publique pour inciter à la haine et à la violence, ils dépassent les limites et cela devient un acte criminel envers lequel il existe des mesures légales pour y remédier.

    Mais lorsque des individus ne font qu'exprimer une opinion, les attaques personnelles virulentes sur les réseaux sociaux ne servent qu'à attiser les positions tranchées ou à humilier publiquement quelqu'un qui a commis une erreur de bonne foi. Et les arguments ad hominem ne s'attaquent jamais aux structures qui donnent lieu à ces points de vue « inacceptables ».

    Dans quelles cases vous situez-vous ?

    La culture woke demande à chacun de nous de choisir une série catégories de plus en plus détaillées et souvent de nature sociale dans lesquelles on peut nous caser pour rapidement déterminer notre « identité » et au bout duquel processus, nous recevons une étiquette spécifique.

    Hétérosexuel, blanc, mâle, cisgenre, non-handicapé, neurotypique, athée.

    Le problème avec cet étiquetage est lorsqu'il focalise notre attention et produit l'opposé de l'effet escompté. Loin d'encourager l'individualisme, ces étiquettes créent des groupes d'inclusion ou d'exclusion dans lesquels on nous range.

    Comme des décennies de recherches en psychologie sociale l'ont démontré à maintes reprises, lorsque l'on catégorise, on stéréotype. Nous lisons ou entendons une étiquette et nous en attribuons les caractéristiques à cette personne bien avant de les rencontrer. La culture woke nous empêche de les traiter comme des individus, les réduisant au lieu de cela à un ensemble d'étiquettes.

    Pas d'étiquette (sauf si j'ai besoin de savoir qui je suis)

    L'ironie dans tout cela est que beaucoup d'adeptes de la culture woke (qui font partie des générations millénaires et post-millénaires) refusent qu'on leur colle des étiquettes. Ce sont les générations « flocon de neige » où tout le monde est unique et spécial.

    Rien d'étonnant à ce que la culture woke se voit taxer d'incohérence. Et cela avant même d'entamer un débat philosophique sur la manière dont les guerriers woke défendent simultanément deux positions incompatible : le déterminisme et le libre arbitre.

    Les catégories ethniques sont déterminées à la naissance et ne peuvent être altérées. Ceux qui transgressent leurs frontières sont accusés d'appropriation parce que cet espace ne leur « appartient » pas. Mais l'identité de genre est totalement fluide et peut changer au jour le jour au gré des ressentis de la personne : l'expression pure du choix.

    Alors qu'est-ce donc : déterminisme ou libre arbitre ? On ne peut avoir les deux.

    Il y a ceux qui préconisent d'abandonner carrément le terme « woke » arguant que son emploi s'étendant à toute forme de politique identitaire, le terme s'en voit dilué et perd toute signification ou valeur.

    D'aucuns affirment que notre obsession identitaire et le fait que nous nous mettons dans de petites cases est la conséquence de la vie moderne qui nous vide de notre individualisme. Les modes de vie homogénéisés (en lien avec les changements technologiques, l'effondrement de la communauté et le rôle de moins en moins important de la religion) ont engendré un vide dans les vies de beaucoup de gens. Adhérer à la culture ne serait-il pas juste un moyen de combler ce trou en nous disant qui nous sommes ?

    N'oubliez pas l'individu

    Dans le domaine de la santé mentale, il y a eu un mouvement contre le diagnostique ou des étiquettes comme « psychotique » ou « dépressif » sont considérées comme contre-productives parce qu'entre autres raisons elle stigmatisent l'individu. Au lieu de cela, on préconise de se focaliser sur la personne : qui elle est et quelle est son expérience. Cela empêche de leur attribuer des caractéristiques qui ne leur correspondent peut-être pas.

    À partir de cet exemple, pourrions-nous trouver une position équilibrée sur l'identité ? Du style qui tienne compte des différences qui nous caractérisent et qui nous préserve d'une potentielle discrimination facilitée. Mais qui s'intéresse aussi à l'individu sans se focaliser sur les micro-catégories dans lesquelles il entre. Actuellement, ce sont ces micro-catégories qui ont la mainmise sur l'individu mais il n'est pas trop tard pour changer cela.

    Si nous n'oublions pas l'individu, nous aurons parcouru la moitié du chemin.

    Traduit de l'anglais par Ey@el
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