• Danse avec les tzars

    Article d'Ey@el

    Ah, les rites de passage hypocrites d'une année (in)civile à l'autre desquels nul ne saurait s'extraire et auxquels encore bien moins échapper. Ce n'est point en 2016 encore que l'on faillira à la règle immuable du menuet tel qu'il se danse à la cour des conspuants.

    Comme je l'expliquais à une lectrice en commentaire, mes premiers instants de l'an neuf auront été marqués d'un monumental lapsus clavis shakespearien (voir Articles connexes) lorsqu'au lieu de souhaiter une année « à tout péter » (kick-ass year), j'annonçai en fait une année « lèche-cul » (kiss-ass year). Ce à quoi (pure spéculation de ma part), Thom Yorke s'empressait alors de twitter : « La fin des mots creux ».

    Le Bal des Vampires

    Et un et trois et quatre au placard !
    Un cinq à sept en haleine pour mémoire !
    Ouh ! Wah ! Ouh ! Wah ! Ouh ! Wah ! Oh la la !
    Et Ché et Ché et Ché Guevara !
    Mais qu'ils nous foutent la paix...
    Mais qu'ils nous foutent la paix... pour toujours !
    Et bons baisers de partout !

    "Les Tzars", Indochine (1987)

    Tout d'abord, il y a toute cette farandole de bilans et de rétrospectives à la onc qui servent comme autant de piqures de rappel pour mieux enfoncer le clou des fois que quelque chose vous aurait miraculeusement échappé dans ce matraquage systématique et consistant dont on vous bourre le mou au quotidien.

    Viennent ensuite les traditionnels vœux et pirouettes (préenregistrés) du Président de la République, repris en chœur puis disséqués à qui mieux mieux par toute la clique politique et les médias qui n'ont visiblement rien de plus croustillant à se mettre sous la dent (vive les Restos du Chœur).

    Vœux creux dont tout le monde se contrefout royalement mais dont personne ne saurait, pour autant, tolérer la moindre dérogation. Gare à quiconque s'aviserait d'oser zapper ces mondanités ou exprimer honnêtement le véritable fond de sa pensée. Grillé — que dis-je — calciné, carbonisé il serait (peu importe les émissions de carbone d'ailleurs) et vilipendé sur la place publique.

    « Qu'on lui coupe la tête sur les Champs ! » s'exclamerait d'un ton tonitruant la Reine du Chœur à bord de son chalutier bleu marine, plein cap sur l’Élysée. Impensable quand on y pense.

    D'autant qu'au pays du fromage qui pue, appeler un camembert aseptisé pasteurisé « Président » quand son président lui-même porte le nom d'un fromage à pâte molle venu d'ailleurs tient davantage du pathétique et du burlesque que de l'humour.

    La Dernière Valse

    Notre liberté s'auto-détruit.
    Ce que nous sommes devenus
    Est contraire à ce que nous voulions.
    Tirons notre révérence !

    "Take A Bow", Muse (2006)

    En France, on n'avance plus alors on danse. D'aucuns le branle ; d'autres le cancan ou la danse du ventre ; la plupart la bourrée, mais Manuel lui, il valse.

    De l'allemand « walzer » qui signifie « tourner en cercle », la valse se pratique avec grâce en se laissant glisser à deux aussi bien à droite qu'à gauche. Sans entrer dans les détails techniques interminables dont personne n'a cure, le tour à droite serait, selon Wikipédia, « plus facile à pratiquer que le tour à gauche ». Ceci demeurant, bien entendu, fort relatif dès lors que, dans un face à face, la gauche de l'un devient automatiquement la droite de l'autre et vice versa. Raison pour laquelle les clans soudés préfèrent avancer à la queue leu-leu.

    « Toutefois et bien qu'il s'agisse de la forme la plus courante, le tour de valse n'est pas la seule existante, il est possible de trouver dans certaines valses chorégraphiées des formes telles que des grands-jetés, des véroniques ou encore des sauts. »

    Tout un programme.

    Certes, si d'ordinaire la valse se décline en trois, cinq, huit ou onze temps, le nôtre risque de décliner bien plus vite en un seul temps voire même de passer son tour. Après, savoir qui de Louis la Voyelle ou de la Castafiore l'emportera dans cette énième édition de Danse avec les tzars n'est pas vraiment ce qui nous importe le plus, n'est-ce pas ? Car au fond, ce que nous voulons n'est point choisir à quelle sauce on nous mangera mais comment ne pas être mangés du tout.

    Ey@el

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