• Développement personnel : cessez de travailler sur vos faiblesses et concentrez-vous plutôt sur vos forces

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    Article de Carolanne Wright traduit par Ey@el

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    En matière de développement personnel, l'idée de base est que nous sommes foncièrement imparfaits et que nous devons nous « corriger ». Rien qu'au États-Unis, le développement personnel est une industrie rapportant 12 milliards de dollars par an, ce qui, de fait, laisse à penser que nous sommes une nation de perpétuels insatisfaits de leurs bons et mauvais côtés. Pire encore, en découvrant la réticence de la nature humaine — rarement disposée à s'engager à changer radicalement sur le long terme — la dépression s'ensuit à l'explosion de notre bulle de d'auto-prise en charge. Puis, éventuellement démarre une nouvelle croisade pour s'améliorer. Si au bout du compte, ce cercle vicieux s'avère profitable aux portefeuilles des auteurs, gourous et autres organisateurs de séminaires de développement personnel, il n'aide aucunement les individus à instaurer le bonheur et la joie dans leur vie.

    Une tendance flagrante observée par des psychologues qui sont passés à la vitesse supérieure pour étudier ce qui permet véritablement à tout un chacun de renforcer sa confiance, augmenter sa productivité et gagner en clarté afin d'atteindre ses buts dans la vie. Étonnamment, l'astuce est de mettre l'accent sur ses forces en les exploitant plutôt qu'en s'efforçant de remédier à ses points faibles.

    La face cachée de l'industrie du développement personnel

    Une étude parue dans la revue Psychological Science a découvert que des affirmations positives typiques telles que « je suis une personne attachante », « je vais réussir » ou « je m'accepte totalement » pouvaient susciter des pensées négatives chez les individus manquant de confiance en eux. Les psychologues ont évalué l'humeur et le sentiment de chaque participant vis à vis de lui-même après avoir répété une de ces phrases. Ceux jouissant d'une faible estime personnelle se sentaient encore plus mal ensuite comparés au groupe de ceux qui ne l'avaient pas fait. Tandis qu'une amélioration, quoique très légère, était notée chez les personnes dotées d'un certain amour-propre. L'équipe en a conclu que « répéter des affirmations positives peut s'avérer bénéfique pour certains individus [avec une bonne estime d'eux-mêmes] mais produire l'effet inverse chez ceux qui en ont le plus besoin ».

    Il est peut-être temps d'écarter cette pratique affirmative pour s'aventurer sur le territoire inconnu de l'acceptation.

    Bouddha avait sans doute raison

    Des années de pratique du bouddhisme m'ont permis de découvrir que tous ses enseignements se résument à ce simple concept : celui de l'acceptation inconditionnelle. Ce qui n'implique pas, pour autant, de se laisser marcher sur les pieds ou de ne pas intervenir pour éviter les préjudices mais plutôt d'être totalement présent à l'endroit où nous nous trouvons à chaque instant sans opposer la moindre résistance à la vie ; d'oublier ce scénario qui tourbillonne dans nos têtes et de prendre la vie telle qu'elle se présente en réalité ; d'être à la fois détendu et attentif — et très, très lucide ; de dépasser nos points de vue limités (et souvent erronés) y compris ce que nous n'aimons pas en nous. Le paradoxe est que dès lors que nous parvenons à nous accepter totalement avec amour et compassion, toutes nos imperfections disparaissent d'elles-mêmes. Nous mettons en avant nos points forts ce qui, au final, accroît notre efficacité dans ce monde.

    Plus facile à dire qu'à faire d'autant qu'il semblerait que nous soyons faits pour nous focaliser sur le négatif. D'aucuns disent qu'il s'agit là d'un résidu de notre ère de survivance où il nous fallait anticiper des dangers éventuels comme de grands prédateurs, des clans rivaux ou la rareté de la nourriture. Du fait de son potentiel hautement créatif, dès que cette menace à la survie fut minimisée par la civilisation moderne, l'humanité a retourné ce mode de pensée négatif contre elle-même, cherchant des moyens d'améliorer ses aspects déplaisants. Mais nous nous y sommes mal pris. Vous savez ce qu'on dit, tout ce sur quoi on se concentre croît en importance. Ainsi en nous focalisant sur nos défauts, nous n'avons fait qu'accentuer ces traits indésirables. La science semble abonder dans ce sens.

    Interventions positives

    La recherche l'a démontré maintes fois, en règle général, les gens ont la conviction profonde qu'il est plus facile d'améliorer ses points faibles que ses points forts. Le problème est que nous finissons souvent par perdre notre temps en essayant de nous débarrasser de nos mauvais comportements ou de ce que nous percevons comme nos défauts de caractère. Les résolutions du Jour de l'An sont la parfaite illustration de la manière dont nous démarrons avec de la bonne volonté pour échouer peu après. Des psychologues ont découvert que le « syndrome des faux espoirs » se rencontre très fréquemment chez ceux qui entreprennent de s'auto-améliorer en surestimant leur capacité à modifier leurs mauvaises habitudes et en se fixant des objectifs irréalistes. En outre, comme le rapporte la revue Scientific American, « plus un individu était éloigné de la personne qu'il voulait être, plus il pensait être en mesure de changer pour atteindre cet idéal ».

    Négliger ses atouts peut avoir des conséquences négatives. On pourrait penser que nos atouts sont permanents et ne nécessitent aucune attention. Ceci crée une situation où nous passons à côté d'une occasion de renforcer nos aspects positifs. Prenez l'exemple d'un individu s'estimant gentil. Il risque de ne pas saisir l'opportunité de cultiver sa bonté pour la porter à un niveau supérieur — comme de la prolonger en aidant quelqu'un dans le besoin ou en faisant du bénévolat. Il ou elle risque de laisser cette gentillesse s'amoindrir au fil du temps pour devenir foncièrement moins bon. Si nous ne nous intéressons pas volontairement à nos points forts, il est fort probable qu'ils finissent pas disparaitre progressivement. Le moyen d'éviter cet écueil est de se concentrer activement sur un ou deux atouts à la fois, ce qui provoquera une boucle de rétroaction positive immédiate sans diluer les gains. On peut également développer davantage une aptitude déjà bien marquée. Ce qui nous rendra non seulement plus heureux de renforcer nos points forts plutôt que de corriger nos défauts, mais cela s'avèrera également beaucoup plus plaisant.

    Traduit de l'anglais par Ey@el
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