• Google X, le laboratoire secret du géant du Web

    Article de Damien Leloup

    À l'instar des médias grand public comme le très « respectable » journal Le Monde, je suis loin de m'émerveiller devant les avancées technologiques proposées par Google, l'hydre malfaisante, ni d'y voir un quelconque bienfait pour l'humanité (voir Articles connexes). Bien que d'aucuns ne manqueront certainement pas de me traiter de rétrograde et j'en passe et des meilleures (l'hôpital qui se fout royalement de la charité), je republie néanmoins cet article à l'intention de tous ceux et celles à qui il reste encore quelques neurones fonctionnels ou plutôt qui se fient à leur instinct plutôt qu'à leur mental afin qu'ils puissent mesurer l'étendue de ce qui nous attend si nous continuons à nous voiler la face. Car celle qu'on nous présente a beau être reluisante, le revers de la médaille est décidément bien trop sinistre pour ne pas dire tout bonnement horrifiant.

    Ey@el

    Rassemblant des chercheurs triés sur le volet, ce laboratoire spécial travaille sur des projets très ambitieux. Son dirigeant Astro Teller est l’invité du Monde Festival le dimanche 27 septembre [2015].

    C’est, racontent les quelques personnes extérieures à Google qui ont pu le visiter, un bâtiment tout à fait ordinaire de briques rouges, à proximité du gigantesque campus de Google à Mountain View, en Californie. À l’intérieur, un rêve de chercheur : équipements ultramodernes, équipes de chercheurs d’élite, et moyens quasiment illimités. Google X, le laboratoire secret de Google, bénéficie de la fortune du géant du Web pour travailler sur des projets « qui ont un impact sur l’humanité ».

    Imaginé principalement par Serguei Brin, l’un des deux cofondateurs de l’entreprise, ce laboratoire se penche sur des problématiques aussi variées que les voitures sans conducteur, l’intelligence artificielle, la détection du cancer ou des ballons servant de relais Wifi… Et ce ne sont là que les projets qui ont été rendus en partie publics : Google X travaille sur de nombreux dossiers en parallèle, et vit dans une certaine culture du secret. Mais comme tout laboratoire de recherche et développement, il dépose régulièrement des demandes de brevets, ce qui le contraint à rendre publics ses travaux…

    Car si Google X a vocation à travailler, comme le résume son dirigeant Astro Teller, sur « tout ce qui pose un gros problème à l’humanité », le laboratoire reste une filiale d’une entreprise. Il y a une forme de mécénat à l’américaine dans la démarche, mais la conception d’un modèle économique fait partie intégrante de tout projet. Mais sans objectifs à court terme, un luxe que peu d’entreprises peuvent se permettre…

    Les projets bien avancés : voitures connectées et Google Glass

    Ce sont probablement les deux projets les plus connus issus de Google X — notamment parce que tous deux pourraient avoir des applications commerciales à court terme. Les lunettes connectées Google glass ont largement dépassé le stade du prototype, puisqu’un premier modèle a été mis en vente en 2014 aux États-Unis. Mais c’est, pour l’instant, un demi-échec : trop chères, pas assez puissantes et pratiques… Les équipes y ayant travaillé sont retournées à la phase de conception et devraient proposer dans les prochaines semaines une deuxième version de ces lunettes.

    Les voitures sans pilote, en revanche, sont en pleine croissance. Google a multiplié ces dernières années les tests, d’abord sur piste, puis sur routes en Californie, pour ses voitures qui visent à réduire le nombre d’accidents en éliminant le facteur humain de la conduite. Les voitures sont actuellement en phase de test intensif, mais aucune date de commercialisation ou de déploiement à grande échelle n’est encore connue : les prototypes coûtent cher — environ 150.000 dollars soit 137.700 euros pièce — et les voitures sans pilote ne sont pour l’instant légales que dans une poignée d’états américains.

    Les projets à moyen terme : ballons connectés et drones de livraison

    Google compte déployer deux autres projets à grande échelle d’ici la fin de la décennie. D’abord son projet de ballons de haute altitude, développé en partenariat avec le CNES français. À en croire la direction de Google, ce système de ballons connectés devrait permettre de fournir un accès au Web à l’ensemble de la planète, y compris dans les zones très reculées, d’ici à 2020. Les modalités d’accès — tarif, services accessibles ou non — ne sont pas encore connues.

    Issus du laboratoire Google Lab, des drones de livraison, baptisés « Project Wing », sont également en test intensif en Australie — en raison de ses grands espaces et de sa législation tolérante pour les drones.

    Plus tard : des projets majeurs dans la santé

    De nombreux projets touchant à la santé sont également en cours de développement à Google X. L’un d’entre eux est déjà bien connu : il s’agit de lentilles de contact capables de mesurer la glycémie du porteur, à destination principalement des personnes diabétiques.

    Surtout, Google a évoqué à plusieurs reprises un projet de détection des maladies au fonctionnement révolutionnaire. Le principe consiste à injecter dans le corps d’un patient des nanocapteurs métalliques, qu’un bracelet magnétique permet ensuite d’attirer pour récupérer les informations enregistrées. Les applications potentielles, par exemple pour détecter une tumeur dès l’apparition des toutes premières cellules cancéreuses, sont gigantesques. Mais les questions éthiques, sur l’utilisation des données ainsi collectées, le sont tout autant.

    Par Damien Leloup
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    « Merci !La face cachée de Google »

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