• La mise en garde d'un chroniqueur familial contre « l’apocalypse » d'une jeunesse connectée accro à l'électronique

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    Article de L.J. Devon traduit par Ey@el

    Available in English

    De nos jours, ne pas posséder de smartphone voire même de téléphone portable ne servant qu'à téléphoner (petite précision qui, dans cette société actuelle, n'est pas du tout un pléonasme), c'est un peu comme venir d'une autre planète. Après tout, qu'en sais-je — j'ai peut-être été victime d'un accident de soucoupe qui m'aurait rendue amnésique ? Quand on le dit, on vous fixe avec deux gros boutons écarquillés comme les yeux du nounours de Mr Bean comme si c'était une chose tout bonnement inconcevable.


    Pour ma part, ce que je considère inconcevable, c'est le déni dans lequel s'enferment volontairement ceux qui n'admettent pas y être accros. Il n'y a pas de honte à le reconnaitre. C'est même le premier pas vers le sursaut salutaire : la prise de conscience. Certes, si ces gadgets électroniques s'avèrent parfois fort utiles — comme, par exemple, pour se retrouver dans une foule, prévenir les secours, appeler une dépanneuse ou ne pas passer des heures à chercher une cabine téléphonique si tant est qu'il en existe encore (oui, ces choses des temps anciens qui ressemblent à des TARDIS) — ils ne devraient jamais devenir aussi indispensables et surtout aussi envahissants. Imaginez-vous consacrer du temps avec quelqu'un que vous appréciez et être sans arrêt interrompus par ces satanés appareils. Même ceux qui ont la rare délicatesse d'éteindre leur « précieux » (my iron lung) finissent toujours par trouver une excuse pour le rallumer à un moment ou un autre, trop anxieux à l'idée d'avoir peut-être manqué un appel essentiel susceptible de changer le cours de l'histoire.

    Désolée de vous choquer en vous annonçant la nouvelle, mais ne pas pouvoir se passer de quelque chose est le propre de la dépendance. Une dépendance qui pourrait à terme anéantir notre espèce. Et je ne parle pas uniquement des effets extrêmement nocifs pour la santé de ces grille-neurones portatifs (toujours niés par les pouvoirs publics mais confirmés par un nombre croissant d'études scientifiques on ne peut plus sérieuses). Les nouvelles technologies constituent la dernière étape avant le franchissement (imminent) du pas vers le transhumanisme — le pire cauchemar de l'humanité. Bienvenue en Enfer !

    Ey@el

    Sommes-nous vraiment vivants et libres et interagissons-nous physiquement ? Qu'est-il advenu des oreilles attentives ? Toute connexion est-elle perdue ?

    Des inquiétudes qui font surface dans la rubrique familiale du site d'informations en ligne du journal britannique The Guardian. Si les téléphones ultra-sophistiqués et les plateformes des médias sociaux ont permis l'établissement de relations longue distance, l'obsession grandissante et l'intoxication des humains par le monde numérique est en train de rompre les liens réels en détruisant ce précieux contact visuel.

    Nous perdons notre empathie

    Tim Lott, l'auteur de l'article, a encore la nostalgie du passé en dépeignant l'hideuse réalité qu'est en passe de créer la race humaine du XXIe siècle. Selon lui, « l'appareil physique qui nous sert à appréhender le monde est actuellement en phase de reformatage et si nous ne préservons pas nos acquis du passé, la perception que nous avons de nous-mêmes subira un transformation permanente irréversible. Le contenu de nos vies numériques en arrive au point où il n'est plus une simple annexe de notre existence mais notre existence même en ce sens que l'imagination ne peut rien concevoir d'autre. »

    Au cours de ses investigations, il est tombé sur des statistiques alarmantes. Par exemple, l'adolescent moyen envoie 4000 SMS par mois. Il y a cinq ans, la Kaiser Family Foundation révélait que les jeunes âgés de 8 à 18 ans passaient sept heures par jour à consulter leurs téléphones et appareils portatifs. Dans son article, Lott met également à jour une corrélation surprenante. En réunissant 72 études, il a découvert que les niveaux d'empathie de la génération connectée actuelle étaient de 40% inférieurs à ceux des précédentes.

    Source graphique © lookout.com

    En fait, l'abandon des interactions humaines au profit des communications électroniques détruit l'aptitude des êtres humains à se projeter, à percevoir et à se comprendre les uns les autres ainsi qu'à accomplir de nouvelles choses. La technologie supprime le rapport d'empathie entre les gens. L'addiction aux écrans portatifs déconnecte l'âme de l'univers qui l'entoure et de celui qui est en elle. Le besoin d'attention partielle continue corrompt également le caractère en anéantissant l'empathie des êtres humains pour tout ce qui vit.

    « Les relations humaines semblent désormais empreintes de ce qui pourrait passer pour une série de tics nerveux : tics du téléphone, tics du PC, tics de la tablette » écrit Lott.

    « Où est cet espace vide dans lequel nous pouvons nous réfugier en quête de nous-mêmes ? » poursuit-il. « Non seulement nous perdons ses coordonnées mais une génération entière ignore même jusqu'à son existence. »

    Traduit de l'anglais par Ey@el
    © lapensinemutine.eklablog.com

    « Comment s'aimer inconditionnellementChantez pour l'absolution »
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