• La remarquable progression de l'effet Mandela (1)

    Article de Cynthia Sue Larson traduit par Ey@el

    Available in English

    Ne vous est-il jamais arrivé d'être persuadés d'avoir remis quelque chose à sa place, d'avoir beau chercher absolument partout et de ne pas le trouver pour ensuite vous apercevoir, souvent quelques heures ou quelques jours plus tard, que ce que vous cherchiez était bien là où vous pensiez l'avoir mis au départ et de vous demandez si vous n'avez pas les fils qui se touchent ?! Il arrive même parfois que des objets disparaissent sans que quelqu'un ne les ait pris ni sans autre explication plausible. Non, vous n'êtes pas en train de perdre la boule, c'est là un des nombreux aspects d'un phénomène quantique apparemement de plus en plus fréquent appelé « glissement de réalité » ou effet Mandela comme vous l'explique ce passionnant article très long et compliqué à traduire que je vous propose en deux parties pour qu'il soit plus digeste. Si vous n'aimez pas le principe, je vous suggère d'attendre la parution de la suite dans quelques jours pour tout lire d'un seul tenant.

    Ey@el

    Si l'on en croit Google Trends, depuis juillet 2015, les termes « effet Mandela » affichent une hausse exponentielle dans les tendances de recherche. Le fait que les journalistes qui publient des articles sur l'intérêt grandissant envers ce phénomène en fassent eux-mêmes l'expérience est en partie à l'origine de cette progression rapide autour du débat qui le concerne. Un reporter a remarqué qu'une scène d'amour mielleuse mémorable entre deux personnages d'un film de James Bond, Moonraker, n'existe plus — en dépit du souvenir qu'il a (et moi également) de l'appareil dentaire de Dolly.

    Alors que d'aucuns s'étonnent de ce récent regain d'intérêt envers l'« effet Mandela », ceux d'entre nous qui avons effectué des recherches et écrit sur ce phénomène de glissement de réalité et d'histoires alternatives l'anticipaient depuis longtemps.

    Qu'est-ce que l'effet Mandela ?

    L'« effet Mandela » doit son nom au révolutionnaire sud-africain anti-Apartheid Nelson Mandela qui est entré au cœur des discussions en 2010 quand des gens ont eu la surprise d'apprendre qu'il se trouvait encore en vie durant tout ce temps alors que beaucoup se souvenaient qu'il était mort au cours de son incarcération. J'avais moi-même publié des récits analogues de morts s'avérant toujours vivants dans mon ouvrage de 1999 intitulé Reality Shifts (Glissements de réalité) et relayé, sur le site RealityShifters, des témoignages directs de personnes aux quatre coins du monde qui avaient remarqué que la présence parmi nous de nombreux décédés. Les observations de morts toujours vivants (à ne pas confondre avec les « morts-vivants » ! — N.d.T.) ne constituent qu'un des nombreux types d'effets Mandela, d'autres exemples notables incluant la modification de paroles de chansons, de dialogues ou de scènes de films, de géographie physique, d'anatomie physiologique, et de noms de produits.

    L'effet Mandela fait partie de ces phénomènes auxquels on ne croit que lorsqu'ils nous arrivent. Comme tomber amoureux ou avoir le cœur brisé, il faut le vivre pour le comprendre pleinement. Et encore, il faut souvent plus d'une ou deux expériences pour venir à bout de la réticence que nombre d'entre nous avons à accepter l'existence de quelque chose qui remet si fondamentalement en question le postulat non formulé qui nous sert d'assise et selon lequel les faits et les événements historiques ne sauraient changer. Ce préjugé perceptuel s'exprime avec poésie dans le Rubaiyat d'Omar Khayyam :

    Le Doigt mouvant écrit et, ayant écrit ;
    Passe, ni toute ta piété, ni tout ton esprit
    Ne sauraient le tenter de revenir effacer la moitié d'une ligne,
    Ni toutes tes Larmes n'en effaceraient pas un Mot.

    Lorsque nous tombons sur des preuves indiquant qu'en réalité, l'histoire a changé, c'est un choc de découvrir que certaines lignes ont été annulées et éliminées ! Il semblerait que nous approchons le « point critique » lorsqu'il devient de plus en plus difficile pour ceux qui se moquent d'affirmer que l'effet Mandela/les glissements de réalité/histoires alternatives n'existent pas. On doit le terme « effet Mandela » à la blogueuse Fiona Broome qui, en 2010, après avoir assisté à une conférence au cours de laquelle de nombreuses  personnes ont discuté avec elle de leur souvenir de la mort de Nelson Mandela plusieurs années auparavant alors que selon l'histoire officielle à cette époque, rien n'indiquait qu'une telle chose s'était réellement produite.

    Grâce aux publications de ceux qui ont vécu un effet Mandela, le public est devenu plus sensible à ce phénomène. Ces articles ont été écrits par des gens qui l'ont vécu comme Mark LaFlamme du Lewiston Sun Journal qui a remarqué une que sa position auprés de son père sur une vieille photo de famille avait changé ; Karl Puschmann du New Zealand Herald persuadé que le célèbre livre pour enfant La Famille Berenstain s'écrivait « Berenstein » et non « Berenstain » comme cela a toujours supposé être ; et Tom Siebert du San Diego City Beat qui a relevé un changement dans une scène mémorable de Moonraker dans laquelle la jeune fille qui porte un appareil dentaire et tombe amoureuse d'un autre personnage avec des dents en métal, ne le porte plus. J'ai vu ce film de James Bond plusieurs fois alors que j'étais encore étudiante et je me souviens également de cette scène marquante où une blonde prénommée Dolly, affublée d'une paire de lunettes et de nattes partage un moment insipide avec le personnage du Requin incarné par Richard Kiels lorsqu'ils se rendent compte que les dents métalliques de ce dernier s'accordent aux bagues de l'appareil dentaire de la jeune fille. Sauf que maintenant, ces bagues ont disparu.

    Prise individuellement, la manière dont ont été, jusqu'alors, relevées de telles observations de divergences entre ce dont nous nous souvenons et les preuves historiques consignées, on pourrait considérer qu'une simple personne déstabilisée par la constatation d'un tel changement est en quelque sorte victime d'une erreur cognitive. Mais lorsque de tels souvenirs « mal remémorés » sont pris en compte collectivement, nous nous retrouvons face à la possibilité d'une expérience collective autour d'une prise de conscience convenue de faits historiques dont nous avons un souvenir autre et que nous commençons à remarquer.

    Certains détracteurs en ont conclu que ceux qui vivent des effets Mandela en notant des répliques bien connues de films, d'émissions télé, de livres et de produits, sont plus vraisemblablement dans un partage instantané de « souvenirs erronés » dus au fait que la mémoire humaine n'est pas totalement fiable. Toutefois, une telle explication nous permet de laisser sans réponse certaines vieilles théories qui ont commencé à voir leurs fondements même doucement ébranlés par l'avènement de la physique quantique, il y a à peine une centaine d'années. Alors que cette dernière nous démontre que l'observation objective n'existe pas et qu'aujourd'hui les deux tiers des physiciens récemment interrogés s'accordent à dire que vous, moi et tout ce qui existe le faisons dans une superposition d'états, il est clair que nous avons besoin de revoir à la fois notre méthodologie scientifique et nos présomptions sur la réalité.

    Superposition : Le principe de superposition considère que bien que nous ne connaissions pas l'état d'un objet, ce dernier se trouve en réalité simultanément dans tous les états possibles tant que nous ne nous penchons pas dessus pour vérifier. C'est l'évaluation qui limite l'objet à une seule possibilité. (source)

    Même si je suis d'accord sur le fait que l'observation des souvenirs humains ne correspond souvent pas aux récits historiques actuels, il est clair qu'interrompre le processus de réflexion sur l'effet Mandela est, à ce stade, prématuré et ne correspond pas à ce que nous apprenons de la prééminence de la logique quantique dans le monde naturel.

    J'étudie ce phénomène, qui au départ s'appelait « glissement de réalité », depuis les années 90 et qui a été mentionné pour la première fois dans le livre Future Memory (Mémoire future) de PMH Atwater pour décrire des expériences courantes (mais étranges) de mort imminente. Depuis 1999, j'ai consigné des souvenirs individuels d'histoires alternatives à propos de tout allant de modifications dans des livres à des morts de nouveau en vie en passant par des changements dans la manière dont fonctionne la mémoire moteur dans la toute première édition de mon premier ouvrage sur le sujet intitulé Reality Shifts When Consciousness Changes The Physical World (La réalité change lorsque la conscience modifie le monde physique) et dans mon magazine électronique gratuit, Realityshifters (Transformateurs de réalité). J'approfondis actuellement ce sujet de l'effet Mandela/glissement de réalité en m'entretenant avec des spécialistes dans les domaines de la biologie quantique (Johjoe McFadden), de la cognition quantique (Jerome Busemeyer), et de la cosmologie quantique (Yasunori Nomura) sur mon blog et l'émission de radio “Living the Quantum Dream” (Vivre le rêve quantique). Ce que je constate est que ce phénomène semble ne pas être nouveau mais plutôt que nous avons atteint un stade dans notre société où, pour la première fois, nous sommes en mesure de partager des souvenirs avec autrui différents du tout collectif — et que parfois ces souvenirs montrent le même type de passés alternatifs que des physiciens tels que Stephen Hawking nous ont dit exister.

    Si l'on prend en considération le problème de la « confabulation » et des « souvenirs erronés » à l'aube de cette ère quantique, on s'aperçoit que l'on pourrait, le cas échéant, qualifier de telles choses de « souvenirs alternatifs » en reconnaissance de la prise de conscience du fait que nous savons que chacun d'entre nous existe dans un état superposé avec accès à de nombreux passés, présents et futurs alternatifs possibles. L'idée est que les innombrables mondes de la physique quantique pourraient n'être qu'un seul et même multivers comme suggéré par des physiciens réputés tels que le Dr Yasunori Nomura et le Dr Raphael Bousso de l'université de Berkeley et de plus en plus de scientifiques pensent, avec optimisme, que nous serions en mesure de découvrir les preuves que nous évoluons effectivement dans un multivers.

    À suivre : deuxième partie à paraître prochainement

    Traduit de l'anglais par Ey@el
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