• Les voies ordinaires par lesquelles vous pouvez vous perdre pour vous trouver

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    Article d'Avery Rouda traduit par Ey@el

    Available in English

    Mais j'y pense... Nous échangeons tous les jours des locutions classiques. En règle générale lorsqu'on me lance une expression courante, je m'arrête pour m'interroger mentalement sur la provenance de ce dicton. Et une fois que je l'ai bien en tête, je reste silencieuse pendant un bon bout de temps parce que je me suis faite happer par un fil de pensée menant à une théorie rationnelle quant à l'origine de ladite expression. Je veux dire, qui n'a jamais prétendu, de toute manière, que battre un cheval mort1 était un truc exécrable ? J'imagine que s'acharner sur quelque chose qui n'est plus en vie est un tant soi peu contreproductif, donc vous voyez bien que cette locution a un sens.

    Égarement

    Il n'y a pas si longtemps, j'en ai entendu une autre qui non seulement a frappé mon imagination mais a également retenu mon attention. Il s'agit de « se perdre », une expression courante employée pour exprimer un engouement pour une prestation, une action, ou tout simplement une espèce de transe ordinaire.

    Mon esprit est entré immédiatement en méditation. C'était comme si le fil de cette pensée venait enfin d'arriver là où je l'avais attendu toute ma vie durant — ce lieu que je connais bien et que j'ai trouvé toute seule sans l'aide de personne pour m'y guider. C'est un art de vivre éclairé que l'on ne peut effacer. Après avoir découvert la méditation, je me suis rendue compte que le monde qui m'entoure sera toujours à l'extérieur et qu'il s'agit seulement de quelque chose avec lequel je devrai composer. Quand je suis heureuse, je peux choisir de lui permettre de m'aborder sur mon temps libre et dans l'état d'esprit qui est le mien — c'est-à-dire dans lequel les réalités extérieures sont coupées de celle de la conscience constituée de perceptions. J'ai, pour ma part, découvert que la méditation était la clé pour s'égarer hors du monde et déverrouiller l'accès au Soi véritable.

    Mise en application

    Elle ne se produit pas uniquement dans la transe quasi religieuse du silence complet. Bien que cette méthode puisse s'avérer très efficace, il y en existe d'autres très ordinaires pour « se perdre ».

    • Créer de l'art : Si vous ne dessinez pas et que vous estimez ne pas avoir le moindre talent artistique, aucun souci ! Prenez un crayon et une feuille et contentez-vous de tracer des anneaux de méditation, une fleur ou un soleil. Vous pouvez esquisser n'importe quoi pourvu que vous apposiez sur le papier ce qui vous passe par la tête sans réfléchir.

    • Tenir un journal : La tenue d'un journal est une excellente façon d'évacuer le tourbillon de pensées vers la réalité, un peu comme sortir les ordures. À l'instar de l'odeur nauséabonde d'un plat Thaï séjournant dans un sac poubelle depuis deux semaines, un événement traumatique remontant à trois ans pourrait empester les recoins de votre subconscient. Videz votre crâne pour laisser place aux vibrations positives avant que la puanteur ne vous rende dingue.

    • Faire la vaisselle : Pour ma part comme pour quelques autres personnes avec qui j'ai discuté, faire la plonge s'avère thérapeutique. C'est un bon moyen de se vider la tête tout en étant productif. Votre conscience n'a pas le sentiment de se perdre parce qu'elle a une orientation claire : mouiller, savonner, frotter, rincer, répéter.

    • Les troubles obsessionnels compulsifs [TOC] (plier les vêtements, arracher les étiquettes de prix, essuyer les comptoirs, faire les poussières) : Il n'y a pas mieux pour stimuler le cerveau que de rassembler les pièces de votre vie comme celles d'un puzzle éparpillé. Cela l'oblige à se concentrer sur une tache simple, avec une orientation claire, ce qui laisse à votre subconscient le temps de méditer et de faire le tri dans votre état d'esprit actuel.

    • Se mettre sur son trente et un : Pour les filles, se coiffer et se maquiller peut s'avérer un moment stimulant de la soirée. Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi ? Cela est en rapport avec le premier point de cette liste : créer de l'art. À l'aide de crayons et de paillettes, vous créez une image de beauté avec le charme naturel dont vous avez hérité. Pas étonnant que les femmes soient toujours des artistes talentueuses : nous exerçons nos talents chaque fois que nous sortons.

    Faire de l'exercice : Sortir courir est plus efficace pour l'esprit, le corps et l'âme qu'un remontant à la caféine de chez Starbucks2. L'effet ressenti par ceux qui courent s'apparente à de l'euphorie. C'est la poussée d'adrénaline qui engendre une force surhumaine. Exactement comme ces gens dont on entend parler aux infos qui ont soulevé un objet très lourd, leur esprit défiant la matière. Le mental a l'opportunité d'étendre ses caractéristiques en mode survie ; il a l'opportunité de fuir pour sauver sa peau dans une société obsédée par les loisirs et le farniente. Soulever des poids, renforcer ses muscles et s'étirer sont des moyens de plonger le mental dans l'instinct plutôt que dans l'insécurité.

    Les tâches fastidieuses : Comme nous le savons bien un travail prenant peut s'avérer pénible. Pour ma part, le fait de rapporter mes pensées sur un blog représente une tâche plutôt fastidieuse mais je m'y tiens parce que j'estime qu'il est important de faire passer le mot. Dans le même ordre d'idées, vous pouvez démêler de la laine ou autre, peindre les murs ou juste vous vernir les ongles, ôter tous les cheveux de votre brosse, vous épiler les sourcils, retirer toutes les peluches d'un vêtement, etc. Toutes ces actions, qui ne nécessitent aucun effort mental, induisent souvent un léger état méditatif.

    • La douche : C'est le terrain béni du non-dit, du plaisir physique intense et de la réflexion personnelle — notre meilleur moment de solitude. Il y a cet adage selon lequel « c'est sous la douche qu'on réfléchit le mieux » ; cela ne fait aucun doute.

    Découverte

    J'espère que ce billet vous donnera une nouvelle perspective sur la méditation. Il ne faut pas avoir peur de méditer, en fait, il est probable que vous le faites déjà tout seul pratiquement tous les jours. La méditation aide à se connecter aux parcelles d'humanité les plus naturelles de votre existence. Un sujet de compréhension qu'on a en quelque sorte perdu avec les systèmes éducatifs actuels.

    Il s'agit d'un concept très important à saisir parce que c'est la voie absolue de la découverte personnelle — une illumination qui n'a rien de comparable à toute découverte physique que l'on peut faire sur Terre. C'est celle de l'esprit, du corps et de l'âme.

    Allez-y à petits pas pour réduire au calme cette partie de vous confinée dans la normalité. Égarez-vous afin de laisser entrer votre Soi véritable.

    (Une chose importante à ne pas oublier : j'ai découvert que d'aller constamment sur Facebook était comme se précipiter au pas de course dans la direction opposée. Se préoccuper de l'existence de milliers d'autres personnes sur un écran d'ordinateur ne laisse guère de place à la découverte personnelle. Songez-y...)

    Traduit de l'anglais par Ey@el
    © lapensinemutine.eklablog.com

    Notes et références

    1. ^ Traduction littérale de « beating a dead horse » dont l'équivalent en français serait « s'acharner inutilement ».
    2. ^ Créée à Seattle dans l'état de Washington, Starbucks est la plus grande chaîne multinationale de cafés.

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  • Commentaires

    1
    Lundi 11 Mai 2015 à 17:32

    Coucou Eyael,

    De mon expérience, plus on est à son affaire, attentif et en conscience, dans tout ce que l'on fait (douche, p'tit déj., travail, activités, etc.), moins on a besoin de méditer (je veux dire sur un coussin en faisant des Om face à un mur blanc, par exemple).
    Pour le dire autrement, plus on est présent à ce que l'on fait, plus on est dans un état méditatif "permanent".

    J'aime bien le "se perdre pour se trouver".
    G. I. Gurdjieff disait qu'il fallait "se rappeler à soi" constamment.
    Même ordre d'idée.

    2
    saby
    Mardi 12 Mai 2015 à 09:23

    Sous la douche ? oh non je ne pense plus à rien , moment de détente ou l'esprit se déconnecte de tout  ....  alors que oui pour  d'autres tâches j'ai   l'esprit en effervescence 


    Mais ma nature   fait  que je sens et fais les choses   sans trop les réfléchir c'est grave docteur ? 


     

    3
    Mardi 12 Mai 2015 à 19:22

    Non, c'est plutôt bon signe car cela montre que tu n'es pas sous l'emprise constante de ton mental, ce gâcheur de bons moments.

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