• Notre dépendance au sucre a-t-elle pris des proportions démesurées ?

    Article de Mark DeNicola traduit par Ey@el

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    Amusant que ce soit un chef anglais qui vienne nous donner des leçons de diététique. D'aucuns s'insurgeront sans doute — et c'est votre droit de ne pas assumer — mais à l'instar de l'alcool, le sucre est une drogue dure (ce n'est pas moi qui le dit, des tas d'études scientifiques sérieuses le prouvent). Certes l'abus de sucre ne provoquera pas de troubles de l'ordre public ni de voies de faits sur d'autres personnes et probablement pas d'accident de la circulation non plus, mais il sera responsable de pathologies graves à gravissimes et d'un vieillissement accéléré de l'organisme (la glycation). Ceci dit, rien d'étonnant pour ceux qui ont fait un peu de chimie, l'alcool étant le produit d'une fermentation d'hydrates de carbone (sucres). Là, j'en entends beaucoup me dire : « Oui, mais moi je ne consomme pas beaucoup de sucre ! » Ah oui, vraiment ? Et qu'appelez-vous pas beaucoup ? En fait, si à satiété, vous bavez littéralement quand on vous colle un dessert appétissant sous le nez (ou sur un écran), si vous avez du mal à résister aux chocolats qu'on vous agite pour vous tenter (les gens assument difficilement leurs vices seuls, ils cherchent toujours à légitimer leurs mauvaises habitudes en entrainant les autres avec eux), et bien navrée de vous l'apprendre, mais vous êtes accro. Un peu, beaucoup, à la folie, passionnément... je ne sais pas. L'important n'étant pas le degré mais la non-accoutumance. Ne vous méprenez pas, je ne vous fait pas la leçon. J'ai moi-même d'ailleurs été longtemps accro sans m'en douter. Ce n'est que lorsque des problèmes de santé m'y ont contrainte que j'ai réalisé après coup avec le sevrage — sevrage qui finalement s'est fait en douceur sans sentiment de punition ou de frustration parce dans mon esprit c'était un cadeau que je me faisais, une deuxième chance de recouvrer le contrôle de mon corps, de mes émotions et de ma santé. Je me suis même découverte une volonté de fer que je ne soupçonnais pas posséder et j'en suis fière. Fière de ne plus craindre la tentation ; fière d'avoir retrouvé la ligne ; fière d'y être arrivée toute seule ; et surtout soulagée de ne plus connaitre de fringales, nausées et crises d'hypoglycémie. Certes, il n'y a pas eu que l'arrêt du sucre (arrêt du gluten également, exercice, yoga, méditation), cependant une chose est certaine : le sucre n'adoucit pas l'humeur, bien au contraire, il favorise et entretient les états dépressifs. Tout comme l'alcool en somme.

    Ey@el

    Notre consommation de sucre et son effet préjudiciable sur notre santé continue à faire couler beaucoup d'encre dans le monde entier. Qu'il soit question d'un homme qui arrête d'en consommer et renonce à l'alcool pendant un mois pour voir comment réagit son corps ou d'un graphisme d'information montrant ses effets sur l'organisme, le sucre est vraiment sous les projecteurs du monde entier et non sans bonne raison.

    En première ligne de cette lutte contre la substance sucrée, une personne : le célèbre chef Jamie Oliver, également restaurateur et personnalité médiatique. Jamie jouit d'une notoriété internationale qu'il doit à son travail sur les chaines de télévision consacrées à la cuisine mais se sert aujourd'hui de cette respectabilité pour dénoncer une chose qui lui tient à cœur.

    Récemment, il faisait part de ses craintes lors d'une réunion du comité spécial de la Chambre des communes au Royaume-Uni en proposant une éventuelle solution à notre dépendance au sucre. Son idée serait d'imposer une taxe supplémentaire sur l'achat des aliments et des boissons sucrés afin de mettre en exergue nos choix malsains comme vous pouvez le voir dans une courte vidéo (en anglais) ICI.

    Comme il le souligne au début de son intervention, il ne se pose pas en personne compétente mais simplement en parent concerné. Si beaucoup, y compris les politiciens en mesure d'instaurer cette taxe, risquent de trouver cette idée risible, moi, je dirais que l'intention qu'elle sous-tend est louable. Cela indique que notre dépendance est devenue potentiellement si grave que le savoir ne suffit pas à influencer nos décisions et qu'au lieu de cela nous en arrivons à un stade où une forme de « sanction » plus tangible pourrait s'avérer nécessaire.

    Au cours de sa présentation, Jamie a également réclamé un étiquetage plus clair des boissons, l'interdiction de celles dites énergisantes dans les paniers-repas, des restrictions sur la vente de malbouffe à proximité des écoles et plus d'attention accordée aux cours de cuisine dans les cursus scolaires. Il a, en outre, conseillé que la diffusion des publicités pour la malbouffe ne soient autorisées qu'en fin de journée, là où les enfants auront le moins de chance d'y être exposés.

    Pour ma part, j'ai fait l'effort conscient de limiter mon apport journalier en sucre en deçà de la quantité suggérée dans le film Fed Up (en anglais) que je vous invite fortement à regarder si vous ne l'avez pas vu.

    Que vous soyez ou non d'accord avec la position de Jamie concernant l'instauration d'une taxe sur le sucre, puisse sa passion vous motiver à observer la quantité que vous et vos proches ingérez chaque jour. Remettez-vous en question en surveillant votre consommation et en déterminant si vous vous sentez ou non mieux sur les plans physique et mental en vous abstenant volontairement.

    Quant à ceux qui ont envie d'en savoir plus sur la campagne contre le sucre de Jamie Oliver, je vous encourage à visiter son site officiel consacré à la question.

    Traduit de l'anglais par Ey@el
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