• Où allons-nous quand nous ne sommes pas là ?

    Article de Julian Wash traduit par Ey@el

    Available in English

    Aujourd'hui, j'aimerais reporter votre attention sur un aspect de la condition humaine s'aventurant vers le vaste infini au-delà des confins du domaine physique. C'est dans notre nature de quitter nos corps même si nous ne voyons pas vraiment les choses ainsi. Force est de constater que nous ne sommes pas tout à fait en un seul endroit en permanence. Nos pensées sont souvent ailleurs, éphémères et fugaces, et virtuellement hors de portée des interactions spatio-temporelles. Nous sommes libres d'aller n'importe où — visiter le passé et le présent et même emprunter les voies de l'avenir remplies de toutes leurs incertitudes.

    Alors jusqu'à quel point êtes-vous avec nous en cet instant même ? Si vous deviez vous hasarder à formuler un pourcentage, quel serait-il ? En ce qui me concerne, je ne me sens pas plus de 80-90% « présent » au moment où j'écris ces lignes. Mes 10-20% se sont encore égarés au grand dam de mon rédacteur en chef qui vient de me rappeler que j'avais un délai à tenir. Mes pensées ont tendance à s'éloigner vers des contrées lointaines et des visages familiers. Et je vais là où elles me portent.

    Dans les paragraphes qui suivent, nous allons nous avoir recours à nos filets d'émerveillement pour tenter de capturer ce papillon éphémère qui virevolte librement devant nous. Je pense que nous sommes surtout à l'endroit où nos « pensées » nous entraînent. C'est là que nous réalisons que la distance est relative. Deux personnes peuvent être à des kilomètres l'une de l'autre et pourtant se sentir étroitement liées. Pareillement, nombre d'entre nous connaissons cette sensation d'être près de quelqu'un et se sentir malgré tout comme à mille lieues. Il ne suffit pas d'être physiquement proche quand le papillon s'est envolé.

    Bienvenue au pays des rêves

    Tous les soirs quand nous nous endormons nous sommes transportés vers un autre monde. Nous n'avons pas le choix. Essayez de rester plus de trois jours sans dormir et voyez ce qu'il advient. Nous savons que notre corps en profite pour grandir, réparer ses cellules et une foule d'autres fonctions essentielles. Mais où allons-nous quand notre notre corps dort et pourquoi sommes-nous éveillés dans nos rêves ?

    Il est intéressant de constater que notre état d'éveil ne nous manque pas lorsque nous dormons. La pensée même ne nous traverse pas l'esprit. La plupart du temps nous reprenons conscience grâce à quelqu'un ou quelque choses, suivi d'un voyage, les yeux encore pleins de sommeil, jusqu'à la cafetière. On nous raconte que nous avons besoin de « huit heures » de sommeil alors qu'en réalité cela dépends vraiment de la personne. Certains fonctionnent très bien avec moins, mais les enfants et les adolescents voire même certains adultes ont besoin de bien plus d'heures de sommeil.

    Les jours où nous n'avons pas suffisamment dormi, cela nous manque assurément.  Nous sommes impatients de rentrer chez nous pour nous effondrer et nous laisser « dériver » dans le domaine des songes. Nous passons près d'un tiers de notre vie dans cet état insaisissable que nous appelons sommeil et pourtant nous ne savons pas vraiment où nous nous trouvons quand nous y sommes. Il est généralement admis que nous n'allons pas très loin, que notre cerveau sert de creuset à tous nos rêves et qu'il s'agit d'une expérience confinée. Bien qu'il y ait une certaine logique dans cette assertion, je n'y adhère pas totalement. À mon avis (et celui d'autres personnes), le monde éthérique est élastique et nous sommes libres de sortir de notre corps physique pendant qu'il tourne au ralentit et se recharge par le repos.

    Ceux qui apprécient le rêve « lucide » devraient avoir un avantage. Étant en mesure de se déplacer librement dans ce monde, de tourner quelques boutons et de tirer quelques manettes, on ne sait jamais ce qu'ils pourraient découvrir. S'ils sont capables de parcourir les océans du sommeil tout en sachant qu'ils sont endormis, les possibilités de découvertes de soi doivent sembler infinies. Je ne suis pas doté de cette faculté mais si c'était le cas, j'essaierais certainement de comprendre la lumière sous laquelle j'évolue et d'analyser la structure de mon rêve. Je passerais également probablement plus de temps au lit alors je pense que c'est

    Dans cet état « inconscient », nous pouvons rendre visite à des proches décédés et même retrouver nos animaux chéris. Nous pouvons aussi nous connecter aux vivants de manière unique et différente du monde physique. On sait que les jumeaux communiquent à l'état de rêve. Si je comprends bien, ils verront parfois leur double en rêve et les appelleront ensuite pour leur raconter. Bien sûr, l'autre connaît déjà le rêve puisqu'il y a vu, lui-aussi, son frère ou sa sœur.

    La passion d'une « flamme jumelle » perdue peut également refaire surface au pays des rêves. Il s'agit là d'une opportunité de dire les choses que nous n'avons jamais dites et peut-être même de s'étreindre une dernière fois. Là, l'énergie émotionnelle est tout aussi intense qu'elle le serait à l'état physique — et parfois même plus forte. On ne compte plus les histoires de femmes ayant rêvé de leur mari en poste dans des zones de combat à l'étranger. Parfois les rêves annonçaient des incidents graves ou des tragédies. De tels événements ne font que renforcer mon sentiment qu'il est impossible que nous restions dans nos corps durant notre sommeil.

    Au mieux, je présume que l'essence de qui nous sommes est majoritairement « là-bas » durant notre sommeil et majoritairement « ici » à l'état de veille. Dans les deux cas,  nous ne sommes pas totalement à 100% dans un endroit ou un autre vu que nous sommes capables de nous laisser « dériver » entre le conscient et l'inconscient même quand nous sommes en pleine conscience. Ainsi cet espace que certains appellent le domaine de l'astral n'est ni ici ni là-bas, mais partout.

    Ici, là-bas et partout

    Il me semble que nous ne sommes pas fermement ancrés au sol par notre physique, que notre esprit est libre de « vagabonder » et d'errer à sa guise tandis qu'un lien fragile nous rattache à la Terre. Pourquoi en est-il ainsi ? Le domaine physique a pourtant beaucoup à offrir en matière de stimulation tactile et que cette expérience peut nous apporter énormément. Mais la conscience aime la liberté même si elle apprécie avoir un chez soi. En un sens, nous jouissons du meilleur des deux mondes, à savoir le spirituel et le matériel. Il s'avère, toutefois, que les gens ont trop souvent tendance à choisir le monde matériel et trouver du réconfort dans ce qu'ils possèdent. J'aimerais rappeler à ces âmes cette bonne vieille expression qui dit qu' « on ne peut pas l'emporter avec soi ».

    Ce que vous pourriez emporter, à la rigueur, serait le souvenir de l'expérience, la sensation et la leçon qui s'y rattache. Un peu comme rapporter à autrui une aventure fascinante ou un nouveau tour sur les montagnes russes au parc d'attractions — vous êtes en mesure d'expliquer cette expérience en long et en large et avec force de détails, mais ce qui compte le plus est ce que cette expérience représente pour vous.

    Ainsi donc nous « réfléchissons hors des sentiers battus », nous « tombons dans les bras de Morphée », nous sommes « aux anges », et nous étions tellement en colère que nous étions « hors de nous ». Ce ne sont là que quelques exemples qui illustrent la manière dont nous décrivons cette prise de conscience extérieure. Les empathes peuvent « ressentir votre douleur » et lorsque notre joueur de baseball préféré fait sortir le balle de l'enceinte, nous percevons son excitation. Cette énergie est-elle présente dans l'éther ? Sommes-nous dans l'éther ?

    Déconnecté

    C'est ce que l'on m'a accusé d'être parfois. Cela remonte à l'école primaire quand les instituteurs pensaient à tort que j'avais les yeux rivés sur la pendule. Il est vrai que je ne prêtais aucune attention au cours. Mais je n'étais pas pour autant obsédé par l'heure. Je m'évadais fréquemment de l'endroit où je me trouvais pour échapper à ce que je ressentais comme une prison autour de moi.
     
    Cette « déconnexion » était vraiment un état d'être très naturel pour moi. Être en déconnexion n'a rien de neutre. C'est, au contraire un état de concentration extrêmement intense impliquant à proprement parler que vous n'êtes « pas là » mais ailleurs et à fond dans le truc. Les personnes créatives s'identifient facilement à cet état flou qui peut toutefois donner ce regard vide que je reconnais avoir affiché de temps à autre.
     
    Où nous allons quand nous nous déconnectons, je ne saurais exactement vous dire. De nouvelles interprétations dans le domaine quantique accroissent notre prise de conscience sur un éventail diversifié de sujets allant de la non-localité et télépathie à la projection astrale en rapport avec les expériences de sortie de corps. Tout ce que je sais, c'est que je vais quelque part et que ce quelque part n'est jamais ici.

    En conclusion

    Alors où allons-nous quand nous ne sommes pas là ? Je vous laisse répondre à cette question. S'agit-il d'une manière de me défiler ? Sans doute. Tout ce que je puis dire est que nous ne sommes pas toujours là où nous croyons être. Notre corps se veut une excellente interface avec le monde physique mais parfois on peut avoir l'impression d'être contrôlé à distance. Affirmer que nous sommes retenus en permanence par notre corps physique serait comme prétendre qu'un nuage de pluie ne lâchera jamais la moindre goutte d'eau. Tôt ou tard, nos pensées iront vagabonder et s'égareront tout comme les gouttes de pluie tomberont en rythme saccadé en accord avec l'humeur et l'énergie du moment.
     
    Je ne sais pas exactement où je vais, mais je sais que je ne suis pas toujours là. Pour moi, c'est au moins un début de compréhension de la transition ultime ou métamorphose qui se produit quand nous abandonnons notre corps physique aux éléments. À bord de ce train du soir, nous pourrions peut-être découvrir que toutes les réponses que nous nous sommes donnés tant de mal à trouver n'ont jamais cessé d'être sous notre nez. Nous ne les voyions pas parce que nous doutions de nos propres capacités. Nous ne lâchions pas prise sur toutes ces choses que nous acceptions comme la vérité. Au contraire, nous adhérions à ces concepts de réalité bidons où on nous disait à quel point nous étions mauvais et impuissants.  Il n'y a aucune place pour la conscience supérieure dans ce vide que nous appelons l'ordre social et par conséquent nous n'apprenons jamais à nous servir des outils spirituels qui sont en nous.
     
    Vous et moi sommes des entités sociales. Nous sommes solidement individuels et également collectifs. Oui, nous sommes les deux. Nous ne pouvons nous épanouir uniquement en tant qu'individus pas plus que nous ne pouvant survivre en tant que collectivité. Mais nous nous en tirons très bien dans les deux mondes et dans une mesure variable. Nous sommes donc un petit peu ici et un petit peu là-bas et toujours quelque part. Mais où que vous vous trouviez, vous n'êtes jamais seul. Et le papillon volera.

    Traduit de l'anglais par Ey@el
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  • Commentaires

    1
    Dimanche 13 Janvier à 11:30

    Cet article résonne en moi, j'ai mis plusieurs jours avant de mettre un commentaire. Lorsque j'étais gamine (et encore maintenant) je ressentais cette drôle d'impression que mon esprit n'était pas forcément rattaché à mon corps, une drôle d’impression qui me faisait penser et me fait encore penser que mon "esprit" ne disparaîtra pas lorsque mon corps mourra. Gamine je ressentais comme une colère , je me disais que non, ce n'étais pas possible que tout s'arrête un jour, impossible que mes pensées arrêtent un jour de vagabonder. 

      • Dimanche 13 Janvier à 12:15

        Non, ce n'est pas une impression et même si la science officielle ne le reconnait pas (imagine que tout le monde réalise que la mort n'est pas la fin qu'on n'a pas qu'une vie, tout ce que ça pourrait changer pour ceux qui nous maintiennent dans la survivance et l'esclavage qu'ils ont déguisées en morale, valeurs et normalité, la vie étant un droit fondamental, non pas quelque chose qui doit se mériter ou se gagner voire une denrée rare vu qu'il n'y a pas de vie pour tous en ce bas monde actuellement).  Donc parallèlement la pseudo-science (comme l'ont baptisée les autoproclamés qui veulent conserver leurs privilèges un peu comme l'église condamnait les hérétiques) a plus ou moins démontré tout ceci via de nombreuses expériences. Je te conseille notamment les ouvrages de David Wilcock (certains dispos en français mail me si ça t'intéresse) qui a fait un étonnant travail de compilation de toutes ces recherches. Mais il est difficile de convaincre  les personnes hermétiques voire même inutile et contreproductif pour nos énergies. Si cela doit se faire, ça se fera, on ne peut le forcer de toute façon. C'est là une erreur qu'on a tendance à faire tous et que je m'efforce désormais de ne plus faire. Par contre, il ne faut surtout plus s'autocensurer par peur du ridicule ou pour ne pas heurter les "normaux-pensants". Si ces personnes ont peur de tout ce qui remet en question leurs repères, c'est leur problème et ça ne leur donne pas le droit de harceler les autres et de vouloir les pénaliser pour leur petit confort personnel. Cela n'a rien à avoir avec  ce que tu disais mais je saisis l'occasion ;)

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