• Qu'est-ce que la conscience christique d'un point de vue mystique ?

    Article d'Aletheia Luna traduit par Ey@el

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    Peu importe où vous vous situez sur le chemin spirituel et quelle est votre relation avec le christianisme, il y a, au cœur des enseignements de Jésus, un noyau vibrant d'amour divin mystique.

    Et ce brasier d'amour passionné a été ressenti, dans le monde entier, par des gens de diverses traditions spirituelles et religieuses – et non pas uniquement des chrétiens.

    La « conscience christique » est une expression entourée de mystère et que je suis certaine que vous avez entendue au moins une fois au cours de vos pérégrinations intérieures.

    Avant d'aller un peu plus en profondeur, explorons tout d'abord une simple définition pratique.

    NOTE : j'ai conscience que cet article va hérisser chrétiens fondamentalistes et anti-religieux confondus. Si vous en faites partie, vos feriez mieux de partir (ou bien restez si vous êtes dans un esprit d'ouverture) car cet article est destiné aux esprits mystiques. Je n'ai nulle envie d'argumenter ni de « prouver qui a raison » dans les commentaires. Essayons de propager l'amour ! Amicalement, merci.

    Qu'est-ce que la conscience christique ?

    La conscience christique est un terme mystique qui fait référence à un état d'être spirituellement évolué. En se penchant sur la vie et le message de Jésus-Christ, on peut voir, au cœur de ses enseignements et de son exemple, les qualités d'amour, de dévotion, de courage et d'abandon. La « conscience christique » renvoie donc à l'incarnation de ces qualités dans nos vies.

    La conscience christique n'est pas un concept New Age

    Le terme « conscience christique » a et est encore utilisé par le New Age – un mouvement caractérisé par une approche édulcorée de la spiritualité, axée uniquement sur les vibrations positives. Et il n'y a aucun mal à cela, chacun ayant sa propre manière d'aborder le divin en fonction de son positionnement dans la vie.

    Mais la conscience christique dont je parle dans cet article n'a rien d'un concept confus du New Age ; il s'agit plutôt dune vérité mystique profonde qui peut être ressentie et vécue s à la fois dans les périodes lumineuses et dans les périodes sombres de l'existence.

    La différence est que je ne vous encourage pas nécessairement à prier Jésus ni à lui demander de vous protéger en vous entourant comme un figure paternelle – encore une fois, il n'y a aucun mal à cela si c'est ce dont vous avez besoin.

    Non, avec la conscience christique à laquelle je fais référence, il s'agit d'affronter les aspérités de l'existence par le cœur de l'amour, de la dévotion, du courage et de l'abandon mystique comme l'a fait Jésus.

    La conscience christique peut se percevoir non seulement comme une manière d'aborder al vie mais aussi comme une part essentielle voire même la « finalité » (aussi erroné et mentalisé que cela puisse être) du processus d'éveil spirituel lui-même.

    Pour avoir grandi dans une famille chrétienne fondamentaliste, je connais parfaitement le message du Christ, du moins au sens dogmatique dépourvu de mysticisme.

    Malgré tout, en dépit du traumatisme religieux que j'ai subi, de mon cheminement pour guérir et que je continue sous bien des aspects d'éprouver, il y a quelque chose au cœur du christianisme qui demeure activement pertinent et inspirant.

    La notion de « conscience christique » s’inscrit de plus en plus dans le courant dominant et je pense que c'est merveilleux parce que cela attire l'attention sur les profondeurs cachées du message de Jésus, son importance pour l'humanité et sa symbolique ultime.

    Donc comment la conscience christique est-elle reliée à l'éveil spirituel ? En termes simples, il s'agit d'une autre manière de désigner la réalisation du soi, l'unicité, le samadhi, le nirvana ou l'illumination spirituelle.

    MAIS la conscience christique est unique en ce qu'il s'agit d'une forme (ou type) très profonde et très spécifique d'unicité spirituelle.

    Selon les paroles du savant mystique Andrew Harvey :

    [Jésus] est venu incarner la divinité de tous les êtres humains et pour donner l'ignoble possibilité d'une relation divine directe avec Dieu : une extase gnostique directe qui serait également une extase de service et de justice.

    Le sublime paradoxe de Jésus que je cherche ici à souligner est qu'il est à la fois humain et divin. Comme l'apôtre Saint Paul écrit de lui :

    Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ ; lui qui, dès l'origine, était de condition divine, ne chercha pas à profiter de l'égalité avec Dieu, mais il est dépouillé lui-même ; en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes.

    (Philippiens 2:5-11)

    Ici nous pouvons voir la réalité de Jésus en tant que fils de l'homme et fils de Dieu, symbolique de sa nature à la fois sacrée et sauvage.

    Le symbolisme de la croix et Jésus

    Le symbole le plus prépondérant associé à Jésus est sans doute la croix sur laquelle il a été crucifié. C'est une image qui confère un sens profond au message de Jésus en ce qu'il représente l'union des opposés. Ou selon Hermes Trismegistus qui aurait vécu sur Terre bien avant le Moïse de la Bible :

    En haut comme en bas, à l'intérieur comme à l'extérieur.

    On peut voir que la ligne verticale de la croix représente l'axiome « en haut comme en bas » et la ligne horizontale « à l'intérieur comme à l'extérieur ».

    Ceci est reflété par les paroles de Jésus dans l'Évangile de Thomas :

    Mais le Royaume est en vous et hors de vous.
    Lorsque vous vous connaîtrez, vous serez connus et vous saurez que vous êtes les fils du Père.

    Le symbolisme de la vesica pisces et Jésus

    À gauche, Jésus est représenté dans une ouverture en forme d'amande appelée « mandorle » que l'on retrouve au centre de la vesica piscis (ou vesica des Poissons – N.d.T.), à droite.

    Une autre image que l'écrivain théologien Meggan Watterson décrit comme « la forme qui entoure le Christ dans la plupart des images et icônes le représentant » et qui est la vesica piscis.

    Là encore, ce symbole iconique chrétien renvoie à l'union des opposés ou le « hieros gamos » (union sacrée) du cœur et de l'esprit, masculin et féminin, lumière et ombre – en bref toute la dualité.

    Les deux cercles intersectés sont l'expression de la nature paradoxale de Jésus à la fois humain et divin, révélant par là le mystère central de son message : l'intégration spirituelle.

    La conscience christique est donc un autre terme ou concept désignant la notion d'intégration spirituelle ; d'apprendre à utiliser non pas uniquement son cœur mais également son esprit. Pour rallier votre humanité imparfaite et votre divinité lumineuse. Et bien sûr, pour reconnaître « Dieu » en tant que force à la fois immanente et transcendante.

    Un tel état d'être mystiquement réunifié revêt une dimension différente des autres expériences spirituelles et c'est ce que nous allons explorer ensuite.

    Conscience christique vs nature bouddhique

    Je suis certaine que vous avez déjà entendu parler de « nature bouddhique » ou d'« esprit bouddhique ». En fait, par expérience, il est plus que probable que vous ayez entendu cette expression-là plutôt que le terme « conscience christique ».

    Parfois, les deux sont utilisés comme synonymes. Et dans l'absolu, je comprends pourquoi ces deux expressions sont interchangeables : elles désignent la même vérité Unique. Mais y a-t-il une différence ?

    Oui, je crois vraiment qu'il existe une différence subtile entre la conscience christique et la nature bouddhique. En outre, de mon point de vue, saisir ce qui différencie ces deux concepts peut nous aider à comprendre ce que nous pourrions avoir entrevu ou vécu dans nos parcours spirituels d'éveil.

    Il suffit de regarder les deux figures distinctes et uniques que sont Siddhartha Gautam (Bouddha) et Jésus de Nazareth/Yeshua (Jésus-Christ) pour voir immédiatement une différence que nous allons récapituler ci-dessous :



    Bouddha :

    • Paix
    • Sérénité
    • Silence
    • Immobilité
    • Concentration
    • Méditation
    • Symbole : la fleur de lotus, la roue du dharma, et l'arbre de la bodhi


    Jésus :

    • Douleur
    • Souffrance
    • Torture
    • Cœur transpercé
    • Foi
    • Ascension
    • Symbole : la croix, l'agneau, le cœur sacré, les poissons

    Dans cette courte description très simpliste de Jésus et Bouddha, la différence apparaît clairement : Bouddha est un mec sacrément détendu. Et Jésus ? On dirait bien qu'il n'a pas tiré le bon bout, hein ? Dans de nombreuses illustrations, on le voit dans un monde de douleur et de tourment.

    Et pourtant, malgré ce contraste flagrant, tous deux indiquent quelque chose qui se trouve au delà du soi égotique individuel.

    En fait, nombre de leurs propos sont similaires. Comme dans les citations ci-dessus :

    Faites aux autres ce que vous voudriez qu'ils vous fassent.
    – Jésus (Luc 6:31)

    Considère les autres comme toi-même.
    – Bouddha (Dhammapada 10:1)

    Si on te donne une gifle sur la joue droite, présente l'autre joue.
    – Jésus (Luc 6:24)

    Si quelqu'un porte la main sur toi, avec un bâton ou un couteau, tu devrais abandonner tout désir et ne prononcer aucune parole mauvaise.
    – Bouddha (Majjhima Nikaya 21:6)

    Qui commet le péché est esclave du péché.
    – Jésus (Jean 8:34)

    Ceux qui sont tenus par leurs désirs rampent comme des lapins pris au collet.
    – Bouddha (Dhammapada 24:9)

    Il existe des tas d'autres citations parallèles (si vous voulez davantage d'exemples, lisez Jesus & Buddha: The Parallel Sayings – en anglais uniquement – compilé par Marcus Borg ) mais celles ci-dessus devrait suffire à illustrer leurs similitudes.

    Donc en reconnaissant les similitudes et les différences entre Jésus et Bouddha, en quoi la conscience christique diffère-t-elle de la nature bouddhique ?

    Pour faire court, la conscience christique parle de l'éveil du cœur de l'intégration des opposés : l'union sacrée de l'esprit et de la chair, de l'intérieur et de l'extérieur, de la lumière et de l'ombre – c'est très non-dualiste et unificateur.

    La nature bouddhique, par contre, fait référence à l'éveil de l'esprit représenté dans l'iconographie du bouddhisme et les enseignements bouddhistes. Plutôt que d'intégration, pour la nature bouddhique il s'agit de transcender le désir, l'attachement à l'ego et la redécouverte de la Conscience primordiale.

    Ainsi, on peut voir qu'il existe, sur le chemin spirituel, au moins deux types d'éveil « avancé » ou profond : l'éveil du cœur (conscience christique) et celui de l'esprit (nature bouddhique).

    L'une de ces formes d'éveil se trouve dans l'amour, le dévouement, le courage et l'abandon comme l'a incarné Jésus. L'autre se trouve dans la clarté mentale, le détachement et la pleine conscience illustrés par Bouddha.

    La conscience christique est donc la voie de la plénitude de cœur et s'inscrit dans le yin ou l'immanence, tandis que la nature bouddhique est celle de la pleine conscience et s'inscrit dans le yang et la transcendance.

    Les deux peuvent œuvrer de concert ou individuellement.

    À suivre ...

    Traduit de l'anglais par Ey@el
    © lapensinemutine.eklablog.com

    Notes et références

    • ^ Comme vous le savez peut-être, en astrologie les signes fonctionnent par axes ou paires d'opposés. Ainsi le signe des Poissons qui représente la spiritualité s'oppose à celui de la Vierge qui est celui de l'esprit analytique. Les Poissons représentent également le subconscient, le ressenti, l'imaginaire, l'intangible et la Vierge le conscient, la logique, la pensée, le concret, le tangible. Le but de l'incarnation est d'atteindre le point central d'équilibre de chaque axe.

      Pour information, l'horoscope traditionnel est de type géocentrique, c.à.d. qu'il montre les positions des planètes et des constellations du point de vue central de la Terre (référentiel) qui est de fait toujours opposée au Soleil. Ainsi si vous avez, par exemple, le Soleil (conscience) en Poissons, vous atteindrez cet équilibre de votre conscience en développant davantage les valeurs de la Vierge. Après, bien sûr, il y a neuf autres planètes qui entrent en jeu, autant dire toute une palette de nuances et ce n'est pas aussi simple que je l'énonce ici. Mais vous l'aurez compris, je simplifie pour que vous saisissiez le principe.

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