• Standing Rock — Des anciens combattants présentent leurs excuses aux indigènes au nom de l'armée américaine

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    Article d'Amanda Froehlich traduit par Ey@el

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    Aujourd'hui, des centaines d'anciens combattants de tous les États-Unis se sont agenouillés en implorant le pardon au nom de l'armée américaine pour ses crimes perpétrés envers les populations indigènes.

    Un éveil massif est en train de se produire depuis les camps de protestation de Standing Rock situé près de Cannon Ball dans le Dakota du Nord. Depuis le mois d'avril, ces « protecteurs de l'eau » s'opposaient au passage d'un oléoduc, le Dakota Access (DAPL), devant traverser quatre états.

    Parce que ce tronçon du DAPL menaçait les sépultures sioux et risquait de contaminer le Missouri, ceux qui soutiennent la tribu de Standing Rock — qui estime que ces terres lui appartiennent de droit conformément à un traité de 1851 — se sont faits gazer, taser, matraquer, tirer dessus avec des balles en caoutchouc et même asperger par des canons à eau par des températures en dessous de zéro.

    Certes, Energy Transfer Partners défend l'innocuité parfaite de son oléoduc mais occulter la possibilité d'une « erreur humaine » est un risque trop important contre lequel s'élèvent les défenseurs de Standing Rock. Le week-end dernier, plus de trois mille anciens combattants se sont rendus au camp de Sacred Stone en témoignage de soutien à la détresse des peuple indigène et pour aider les manifestants à se préparer au froid de l'hiver.

    Vraisemblablement du fait de leur venue — organisée par Michael J. Wood, un ancien officier de la police de Baltimore, les services du génie de l'armée américaine ont refusé l'accès aux compagnies pétrolières à l'origine de ce chantier de 3,7 milliards de dollars. La nouvelle a été accueillies par des cris d'applaudissement, toutefois Energy Transfer Partners a fait savoir par un communiqué que la construction du DAPL allait se poursuivre en dépit de l'ingérence de l'administration Obama.

    Pour l'instant, l'affrontement se poursuit entre forces de l'ordre et protecteurs de l'eau ; les opposants déjà sur place à Standing Rock — sans compter tous ceux qui projettent se rendre en Dakota du Nord — refusent catégoriquement de quitter les lieux tant que le tracé de l'oléoduc ne sera pas modifié.

    Avec un chagrin et une humilité palpables, aujourd'hui, sous l'égide de Wesley Clark Jr., les vétérans ont eu un geste remarquable. Par centaines, il se sont rassemblés devant les chefs de tribu sioux en implorant leur pardon au nom de l'armée américaine pour ses crimes perpétrés envers les populations indigènes.

    Un article sur le compte Facebook de Redhawk nous apprend que Avol Looking Horse, Leonard Crow Dog, Phyllis Young et Ivan Looking Horse ainsi qu'un certain nombre d'autres autochtones de Turtle Island ont participé à cette cérémonie.

    En dépit du fait que beaucoup de militaires soutiennent la construction de l'oléoduc qui pourrait relancer l'économie, d'aucuns n'y voient là un nouveau baffouement des droits Amérindiens en deux siècles. Dans la tentative de « rectifier »  les nombreuses erreurs du passé, ces braves anciens combattants ont demandé pardon.

    Jon Eagle, l'officier en charge de la préservation du patrimoine historique de la tribu sioux de Standing Rock, rapporte qu'un de leurs porte-parole, Leksi Leonard Crow Dog, a pardonné aux anciens membres de l'armée pour les actions passées de leur gouvernement. Puis à son tour, il a demandé l'absolution pour la bataille de Little Big Horn — surnommée « le dernier combat de Custer » — au cours de laquelle les guerriers sioux ont tués environs 268 soldats du 7e régiment de cavalerie des États-Unis.

    Ce qui se passe actuellement à Standing Rock n'a plus rien d'un affrontement opposant les autochtones aux employés d'une riche société pétrolière. Le soulèvement s'est transformé en une bataille menée par ceux qui ont compris que toute vie est connectée et qu'en respectant la planète, c'est tout le monde qui y gagnera — en particulier les générations à venir.

    Redhawk raconte qu'on leur a « pardonné leurs actes de déshumanisation des indigènes de ce pays et qu'un pas vers la solidarité a été franchi ».

    À l'issue de cette émouvante cérémonie, les deux groupes ont lancé un appel commun à la paix dans le monde.

    Traduit de l'anglais par Ey@el
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