• Comment certains professeurs d'université plaident en faveur des pédophiles lors de colloques estivaux

    Article d'Andrew Gilligan traduit par Ey@el

    Available in English

    Comme annoncé hier, voici un article qui risque d'en révulser plus d'un — ce serait d'ailleurs le contraire qui serait inquiétant. Je n'ai pas d'autre commentaire à formuler sur la question mis à part que si l'on se réfère à un article traduit, il y a quelque temps, où l'on apprenait que l'APA avait inscrit le non-conformisme et l'hyperactivité au registre international des troubles mentaux (voir Articles connexes), le fait que la proposition d'y inscrire une autre forme de pédophilie baptisée « hébéphilie » ait été rejetée en dit long sur l'état de notre société. Ceux qui ont encore l'expression « théorie du complot » à la bouche feraient bien d'aller se la nettoyer dare-dare à l'eau de Javel et de se la rincer au karcher !

    Ey@el

    La pédophilie est normale et naturelle pour les mâles » déclare-t-on dans cet exposé. « Une minorité, non négligeable du moins, d'individus normaux de sexe masculin aimeraient avoir des rapports sexuels avec des enfants [...] les enfants excitent les hommes normaux. »

    S'agit-il d'un vieux tract jauni datant des années 70-80, l'ère des abus perpétrés par des célébrités et de l'infâme PIE, le groupe d'échange d'informations des pédophiles ? Non. Des commentateurs anonymes sur un site internet clandestin ? Non plus.

    Le colloque de Cambridge

    Cette affirmation comme quoi la pédophile serait « normale et naturelle » n'a pas été prononcée il y a trente ans mais en juillet dernier. Elle n'a pas été proférée à huis clos mais devant un parterre d'éminents spécialistes en la matière, en tant qu'argument principal d'un exposé académique présenté, sur invitation, à l'occasion d'un colloque organisé par l'université de Cambridge.

    Parmi les autres conférences, il y avait également : "La libération du pédophile : une analyse discursive" et "Danger et différence : les enjeux de l'hébéphilie".

    L'hébéphilie est une préférence sexuelle pour les jeunes pré-adolescents, généralement de 11 à 14 ans.

    Fervent participant, dans l'assistance se trouvait Tom O'Carroll, un délinquant sexuel pédophile récidiviste, militant de longue date pour la légalisation des rapports sexuels avec des enfants et ancien dirigeant du PIE. « Formidable ! » écrivait-il peu après sur son blog. « C'est une des rares fois où je me suis senti relativement populaire ! »

    La semaine dernière, après la condamnation de Rolf Harris1, le rapport sur Jimmy Savile2 et les allégations de dissimulation de vérité par l'ordre établi dans le but de protéger un ministre délinquant sexuel du cabinet de Margaret Thatcher3, la Grande-Bretagne a été prise d'angoisses convulsives quant aux abus perpétrés sur des enfants dans les années 80.

    Mais au beau milieu de tout ce tumulte, une menace bien plus d'actualité passe inaperçue : des tentatives, en ce moment même, dans certaines parties de l'escadre académique de repousser les limites de l'acceptabilité du sexe impliquant des enfants.

    Le facteur clé de ce qui s'est produit durant toutes ces décennies passées dans les loges de la BBC, dans les services du NHS4 et, on le présume, dans les coulisses du pouvoir ne relève pas uniquement des manquements des institutions ni de « conspirations » de leur part, mais plutôt d'un climat de tolérance intellectuelle bien plus grand à l'égard de pratiques qui font aujourd'hui horreur.

    Avec la pilule, la légalisation de l'homosexualité et le recul des tabous sur le sexe avant le mariage, les années 70 furent une ère d'émancipation sexuelle assez brutale. Naturellement, bon nombre de libéraux virent clair dans la rhétorique cynique de « libération de l'enfance » du PIE. Mais pour la Gauche, les rapports sexuels par ou avec des enfants n'étaient rien de plus qu'une autre limite répressive à abolir — et les appuis les plus importants vinrent du monde universitaire.

    Points de vue sur la pédophilie

    En 1981, Bastsford, une maison d'édition réputée publia Points de vue sur la pédophilie, préfacé par Brian Taylor, maître de conférence en sociologie à l'université du Sussex, pour mieux répondre à ce que ce dernier qualifiait dans son introduction de « préjudice » envers le sexe impliquant des enfants. Fait inquiétant, le livre s'adressait « aux assistants sociaux, aux agents des communautés, aux agents de probation et aux employés des services à l'enfance ».

    D'après le Dr Taylor, le public « se représente souvent les pédophiles comme des détraqués ou des pervers rôdant autour des cours de récréation dans l'espoir de soulager leurs bas instincts avec des enfants innocents et crédules ». Que les lecteurs se rassurent, il ne s'agit que d'un « stéréotype » écrit-il, à la fois « inexact et maladroit » qui va clairement à l'encontre des « réalités empiriques du comportement des pédophiles ». Ainsi, la plupart des relations sexuelles entre adultes et enfants se produisent au sein même des familles !

    Les points de vue de la plupart de ceux qui contribuèrent, mais pas tous, semblaient très favorables aux pédophiles. Deux d'entre eux, du moins, étaient des membres du PIE et un autre, Peter Righton (qui, fait incroyable, officia en tant que directeur de l'éducation à l'Institut national des services sociaux) fut condamné par la suite pour agressions sexuelles sur des enfants. Mais dans la perspective actuelle, ce qu'il y a de fascinant dans Points de vue sur la pédophilie est qu'au moins deux personnes parmi celles qui y ont contribué exercent toujours leur activité et leur influence dans le milieu universitaire.

    Selon Ken Plummer, professeur émérite de sociologie à l'université de l'Essex — dans laquelle il a une chaire et donne des cours, le plus récent ayant eu lieu le mois dernier — « l'isolement, le silence, la culpabilité et l'angoisse de nombreux pédophiles ne sont pas intrinsèques au phénomène mais proviennent de la répression sociale extrême exercée sur les minorités ». Les pédophiles, écrit-il dans Points de vue sur la pédophilie, « sont traités de séducteurs et de violeurs d'enfants ; ils savent que leurs expériences sont souvent empreintes d'amour et de tendresse. On leur dit que les enfants sont purs et innocents et dépourvus de toute sexualité ; ils savent de par leur propre enfance et de par ceux qu'ils côtoient que ce n'est pas le cas. »

    L'intimité intergénérationnelle

    Pas plus tard qu'en 2012, Plummer a publié sur son blog personnel un chapitre qu'il avait écrit pour un autre livre, L'Intimité intergénérationnelle au masculin, paru en 1991. « Comme l'homosexualité est devenue légèrement moins encline à susciter la panique morale entretenue, c'est ce nouveau paria "d'agresseur sexuel d'enfants" qui a pris la place du dernier bouc émissaire en date », explique-t-il. « De nombreux adultes pédophiles racontent que les garçons recherchent activement des partenaires sexuels [...] "l'enfance" en soi n'est pas un postulat biologique mais un objet social engendré par l'histoire. »

    Plummer a confirmé au Sunday Telegraph qu'il avait bien été membre du PIE dans le but de « faciliter » ses recherches. Il a déclaré : « Je ne voudrais jamais qu'aucune partie de mon travail soit utilisé à des fins "répréhensibles" — et je considère toute forme de coercition, de sévices ou d'exploitation sexuelle comme "répréhensible". Je regrette qu'il ait eu un impact négatif sur quiconque à cet égard ou qu'il y ait contribué. » Il n'a toutefois pas répondu à la question de savoir s'il partageait toujours les mêmes opinions que dans les années 80-90. Un porte-parole de l'université de l'Essex affirme que les travaux du Professeur Plummer « n'exprimaient nullement une position en faveur de la pédophilie » et cite la charte universitaire qui octroie à ses membres « la liberté dans les limites de la légalité d'introduire des opinions controversées et impopulaires sans se compromettre ».

    Graham Powell est l'un des plus éminents psychologues du pays. Ancien président de l'Association des psychologues britanniques, il offre actuellement ses services de soutien psychologique à l'agence de lutte contre la grande criminalité, la brigade criminelle nationale, la police métropolitaine (Scotland Yard) ainsi que celle des comtés du Kent et de l'Essex et la fondation pour la surveillance de l'internet.

    Dans Points de vue sur la pédophilie, il a toutefois co-écrit un chapitre affirmant que « dans l'esprit du public, on suppose généralement que l'attention pédophile est traumatisante et entraine forcément des séquelles durables et totalement désastreuses pour la victime. Les preuves que nous avons dû prendre en compte ici ne confirment pas ce point de vue [...] nous ne devons pas nous demander pourquoi les effets des actes pédophiles sont si importants mais au contraire pourquoi ils sont si minimes. »

    Le chapitre admet bien que certaines études sur lesquelles se sont appuyés les auteurs ont posé quelques « problèmes de méthodologie » ce qui « atténue quelque peu nos conclusions ». Le Dr Powell a confié au Sunday Telegraph, la semaine dernière, que ce qu'il avait « écrit était totalement erroné et je regrette vivement que cela ait pu de quelconque manière compliquer les choses [pour les victimes] ». Il a ajouté que « c'était un sujet si peu documenté [preuves scientifiques à l'appui] en 1981 que les gens n'avaient pas idée de ce qui se passait. Il y a eu une méconnaissance au niveau universitaire ».

    Le rejet de la motion pour inclure l'hébéphilie au DSM

    Dans d'autres universités et avec encore moins d'excuses, cette méconnaissance semble s'imposer à nouveau. La conférence à Cambridge, les 4 et 5 juillet de l'an dernier, portait sur la classification de la sexualité dans le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), un manuel psychiatrique aux normes internationales auquel se réfèrent la police et les tribunaux.

    À l'issue d'une bataille féroce au sein de l'Association américaine de psychiatrie (APA), à l'origine dudit manuel, la motion d'y inclure l'hébéphilie en tant que trouble dans la nouvelle édition a été rejetée. Cette proposition était apparue nécessaire parce que la puberté est devenue de plus en plus précoce au cours des dernières décennies et de fait, prétendait-on, la définition actuelle de la pédophilie — attirance sexuelle pour les pré-adolescents — ne prenait plus en compte un trop grand nombre de jeunes gens.

    Professeur de psychiatrie à l'université de Toronto, Ray Blanchard, qui dirigea le groupe de travail de l'APA au sujet de cette motion, a déclaré qu'à moins de trouver un autre moyen d'inclure l'hébéphilie dans le nouveau manuel, cela reviendrait à dire que « la position officielle de l'APA est que la préférence sexuelle envers les enfants pré-pubères est normale ».

    Il fut, à son tour, critiqué par Patrick Singy de l'Union College de New York, un orateur à la conférence de Cambridge qui affirma que l'on abuserait du diagnostique d'hébéphilie pour interner les délinquants sexuels en tant que « malades mentaux » en vertu des lois américaines contre les « prédateurs sexuels violents » et cela même après qu'ils aient purgé leur peine.

    Mais l'exposé le plus controversé de tous fut sans doute celui de Philip Tromovitch, professeur à l'université de Doshisha au Japon portant sur la « prévalence de la pédophilie » lorsqu'il déclara que « la majorité des hommes sont probablement pédophiles ou hébéphiles » et que « les intérêts pédophiles sont normaux et naturels chez les êtres humains de sexe masculin ».

    O'Carroll, l'ancien leader du PIE, s'est dit enchanté lorsqu'il raconta sur son blog comment il était allé prendre un verre avec ce dernier et un collègue après la conférence. « La conversation s'est poursuivie très agréablement autour des boissons et la magnifique Cam5 » a-t-il écrit.

    Un point de vue toutefois minoritaire

    Il serait juste de dire que le point de vue de Tromovitch ne représente pas l'opinion majoritaire des universitaires. Il est probable également que certaines de leurs protestations contre la « stigmatisation » des pédophiles soit tout autant une réaction négative envers la dureté des lois contre les délinquants sexuels plus que tout autre chose. Enfin, il va de soi que la recherche universitaire est censée remettre en questions les idées reçues et examiner les preuves avec rigueur, que les conclusions auxquelles elle aboutit soient populaires ou non.

    Toutefois, ce ne sont désormais plus les éléments qui manquent pour prouver le tort causé par les abus perpétrés sur des enfants. Derrière tout ce battage à la mode que suscitent les crimes du passé, il serait bon de veiller à être, à l'avenir, en mesure de nous repencher sur le climat intellectuel qui les a engendrés.

    Traduit de l'anglais par Ey@el
    © lapensinemutine.eklablog.com

    Notes et références

    1. ^ L'artiste australien Rolf Harris, star de la télévision britannique, vient d'être condamné le mois dernier à cinq ans et neuf mois de prison ferme par un tribunal londonien pour des agressions sexuelles sur quatre mineurs âgés de 8 à 19 ans (Le Monde).
    2. ^ Autre icône de la télévision britannique, Jimmy Savile est décédé en 2011 à l'âge de 84 ans. Un an après sa mort, le documentaire L'Autre visage de Jimmy Savile, diffusé sur la chaîne ITV révélait au monde le « prédateur sexuel » d'adolescentes qu'il avait été dans les années 1960 et 1970. Si à ce moment-là seulement cinq femmes avaient témoigné sur ce qu'elles avaient subi, on estime à environ 300 le nombre de ses victimes potentielles. La police de Jersey affirme qu'en 2008 les accusations d'abus sexuels à l'encontre de Savile ont fait l'objet d'une enquête mais n'ont pas révélé d'éléments suffisants pour l'inculper (Le Figaro).
    3. ^ Un ancien ministre conservateur a révélé que Sir Peter Morrison, l’un des proches collaborateurs de Magaret Thatcher, a été impliqué dans un scandale de maltraitance d’enfants mineurs dans le nord du Pays de Galles. Rod Richards, ancien député conservateur et ex-chef des conservateurs du pays de Galles, a affirmé avoir pu consulter des preuves reliant Sir Peter Morrison à l’affaire des enfants du Nord du Pays de Galles. Par ailleurs, le garde du corps personnel de Magaret Thatcher, Barry Strevens, a relaté avoir prévenu le premier ministre sur les allégations qui couraient sur l’un de ses proches collaborateurs. L’enquête avait découvert jusqu’à 650 enfants sexuellement, physiquement et émotionnellement abusés dans 40 maisons entre les années 1970 et 1980 (IJSBERG).
    4. ^ Le NHS est le système de la santé publique au Royaume-Uni, équivalent de notre sécurité sociale.
    5. ^ La Cam est le fleuve qui traverse Cambridge.

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    1
    Vendredi 8 Août 2014 à 14:36

    Tiens, et les curetons angliches, ils n'y sont point mentionnés ? (comme pédophiles j'entends); un oubli sans doute ...

    2
    Vendredi 8 Août 2014 à 16:04

    Il en a été question dans l'affaire du cabinet Thatcher au Pays de Galles. Sinon, les curés sont catholiques, les Protestants eux ont des révérends mais bon, ça ne change rien au problème, c'est sûr.

    3
    Vendredi 8 Août 2014 à 16:47

    et les curés juifs et musulmans y s'appellent comment ? (parce bon, ils doivent bien pratiquer eux aussi ...)

    4
    Vendredi 8 Août 2014 à 17:10

    Repasse-toi Rabbi Jacob !

    5
    Vendredi 8 Août 2014 à 18:35

    S. Ferenczi (psychologue - psychanalyste) avait bien posé le problème : les enfants ont des besoins et désirs de tendresse, alors que les adultes sont dans la passion. Les pédophiles, en quelque sorte, volent l'âme de l'enfant, son innocence, en répondant à ses élans tendres par de la sexualité. L'adulte trompe et manipule l'enfant, ce qui ne peut que causer des dégâts psychologiques... Tant que l'enfant n'est pas pubère, il ne pense tout simplement pas à ça, si les adultes les laissent tranquilles. Et le corps de l'enfant n'est pas prêt à ça. Etc.
    Je ne comprends pas ces débats déments, pour justifier l'acte de voleur d'âmes...
    Belle société...

    La gerbe (pardon et bien évidemment, il n'est pas question de toi Eyael car il est important d'être informé)

    6
    Vendredi 8 Août 2014 à 18:55

    En tombant sur cet article, je n'ai pu m'empêcher de penser à mon jumeau cosmique (né le même jour, la même année, au même endroit que moi), un acteur français qui a finalement mis fin à ses jours à l'âge de 32 ans alors que sa carrière décollait, la raison ai-je découvert, fut qu'il avait subit une agression sexuelle de la part d'un moniteur de colonie de vacances dans son enfance. Oui, ça a donc des conséquences désastreuses et pas forcément dans l'immédiat. Il y a ce fameux film que je recommande à tout le monde intitulé Sleepers avec Dustin Hoffman, Robert de Niro, Brad Pitt et Kevin Bacon qui parle de ça justement.

    7
    Samedi 9 Août 2014 à 21:30

    Faut savoir que ces charmantes ordures de pédophiles, non seulement  font souffrir ces enfants, mais que leurs "jeux" est en fait une manière de  phagocyter leur énergie, physique, psychique, vibratoire cellulaire. Ce sont des vampires sexuels, ils absorbent la force Cosmique de ces corps, qui hélas, prolonge la force des leurs, même si certains ont  des tronches délabrées...  Je n'ai nommer personne même si certains font ou ont fait des liftings . J'aimerai bien que ces "charmants"  me tombent dans les mains... j'ai fait par mon métier de véto des castrations...    ;-) 

    8
    Samedi 9 Août 2014 à 22:35

    Houla ! Dommage que tu n'aies pas été invitée à un de ces colloques, il y aurait eu du sang partout. On aurait dû rebaptiser mon cocktail préféré en « Bloody Dany ». :))

    9
    Dimanche 10 Août 2014 à 16:25

    Mais non, je sais opérer sans avoir de problème d’hémorragie... heureusement ;-)  Il faudrait pouvoir supprimer  ce genre de  destructeur , car si" satan l'habite" , rien hélas n'est encore prévu pour être débarrassé de cette vermine ! Quel dommage qu'ils ne soient pas eunuques, et que la loi interdise de les rendre ainsi...!

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