• Le langage : la guerre à l'origine de toutes les autres

    Article d'Alex Vandenberg  traduit par Ey@el

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    Comme je l'ai toujours pressenti et comme je le disais aussi d'ailleurs dans un billet consacré à la question (voir Articles connexes), le langage est une arme à double-tranchant ; sa dégradation et son appauvrissement progressif ne sont pas à prendre à la légère. Tous les linguistes ou simples amoureux des mots (quelle que soit leur langue) comprendront intuitivement ce que je veux dire. Cet article écrit par un « chercheur de vérité » spécialisé dans l'occulte se veut plus qu'explicite et nous en apprend davantage sur les dessous de cette atteinte au dernier bastion de l'expression individuelle. Une constatation qui peut sembler pessimiste au prime abord mais qui ne l'est pas tant que ça comme vous le constaterez en allant jusqu'au bout. Vers la fin, je n'ai pu m'empêcher de penser au second tome du cycle Terremer d'Ursula Le Guin, paru en 1971 et intitulé Les Tombeaux d'Atuan dans lequel la pseudo-réincarnation d'Artha dite la Dévorée, haute prêtresse du temple des Innommables et gardienne de leurs tombeaux sur l'île d'Athuan, est libérée de son statut par Ged, un jeune sorcier, qui pour cela lui révèle son véritable nom : Ténar. J'ai également eu des flashes du célèbre film des Beatles, Help!1 dont le scénario est basé sur les tentatives avortées des Fab Four pour débarrasser Ringo Starr d'une bague sacrificielle impossible à retirer et pour échapper à une bande de fanatiques sanguinaires, fous furieux, adorateurs de Kali et déterminés par tous les moyens à trucider leur copain sur l'autel de leur culte, le tout servi sur fond d'humour noir bien British — mais la pilule n'en demeure pas moins amère.

    Ey@el

    La guerre à l'origine de toutes les autres est une guerre des mots ; une guerre contre le langage. Par exemple, dans le monde d'aujourd'hui, l'indépendance est éclipsée par « l'interdépendance », les allusions sans fin à la « démocratie » font l'impasse sur notre république constitutionnelle, la « mutualisation » remplace désormais la souveraineté, la « mondialisation » prime sur les états-nations, la croissance économique s'est transformée en « développement durable », la « liberté » a fusionné avec « l'indépendance » et on ne parle plus de déclarations constitutionnelles mais « d'approbation » ou de « permission » d'entrer en guerre. La raison de ces remaniements est qu'une modification des mots de tous les jours est nécessaire à l'avènement d'une transformation de la société à l'échelle mondiale.  Et c'est exactement ce que ces figurants parasites et monstres de foire ont l'intention de faire.

    La nécessité d'un nouveau système grammatical

    George Orwell, qui maitrisait à fond les techniques abjectes des étatistes, était au courant de la nécessité d'un nouveau système grammatical pour les « prolos » comme il l'évoquait dans 1984. Voici ce qu'il y raconte :

    Vers 2050, plus tôt probablement, toute connaissance de l'ancienne langue aura disparu. Toute la littérature du passé aura été détruite. Chaucer, Shakespeare, Milton, Byron n'existeront plus qu'en versions novlangue. Ils ne seront pas changés simplement en quelque chose de différent, ils seront changés en quelque chose qui sera le contraire de ce qu'ils étaient jusque-là. Même la littérature du Parti changera. Même les slogans changeront. Comment pourrait-il y avoir une devise comme « La liberté c'est l'esclavage » alors que le concept même de la liberté aura été aboli ? Le climat total de la pensée sera autre. En fait, il n'y aura pas de pensée telle que nous la comprenons maintenant. Orthodoxie signifie non-pensant, qui n'a pas besoin de pensée. L'orthodoxie, c'est l'inconscience.

    Ray Bradbury abondait aussi dans ce sens en stipulant dans Fahrenheit 451 :

    Davantage de sports pour chacun, esprit d'équipe, tout ça dans la bonne humeur, et on n'a plus besoin de penser, non ? Organisez et organisez et super-organisez de super-super-sports. Encore plus de dessins humoristiques. Plus d'images. L'esprit absorbe de moins en moins.

    En fait, au passé comme au présent, les politiciens se sont servi du langage écrit pour manipuler l'histoire. C'est tout aussi vrai aujourd'hui que ça l'était à l'époque de Staline. Dans son livre intitulé Orwell's Message: 1984 and the Present, George Woodcock écrit :

    Les ouvrages de désinformation tels que l'Encyclopédie soviétique étaient modifiés constamment, conformément à la ligne du parti, de telle sorte que dans des éditions successives, Trotski était d'abord le héros de la guerre civile puis un agent des mencheviks et des puissances occidentales.

    Pour finir, comme l'indique Laurence Kotlikoff, professeur d'économie à l'Université de Boston, ce subterfuge a même infecté la sphère économique :

    Il n'y a rien dans les maths de la théorie économique qui mette en évidence les termes choisis par le gouvernement et chaque convention d'étiquetage produira une indication différente au calendrier des dettes, des déficits, des taxes et des dépenses. Par leur essence même, ces mesures sont d'ordre linguistique et ne disent rien de la politique fiscale sous-jacente d'un pays mis à part ce que son gouvernement décide d'inscrire ou d'exclure des registres.

    Fama Fraternitatis

    Face à tous ces signaux inquiétants qui jalonnent notre parcours, nous aurions dû voir venir ce pitoyable stratagème et ses répercussions. Car l'intention de reconfigurer le paysage politique et économique mondial dans son ensemble avait été ouvertement annoncée dès 1614. Cette année-là, une loge de Rosicruciens2 allemands mit sur pied un programme d'expansion extérieure avec la publication d'un tract annonçant la présence de l'Ordre à Hesse-Kassel, la plus grande principauté de la Hesse. Raccourci en Fama Fraternitatis, le titre complet du pamphlet fut traduit comme suit : Réforme générale et universelle du Monde entier dans sa totalité avec la Fraternité décrite comme de la Rose-Croix où figurent tous les Érudits et Dirigeants d'Europe.

    Derrière la rhétorique noble et ronflante de cet intitulé, on pouvait entrevoir une conspiration toxique aux intentions tout aussi radicales, à savoir renverser toutes les têtes couronnées d'Europe en vue d'une renaissance politique qui balayerait bientôt le continent et, à terme, le monde. Cette proclamation pernicieuse déclencha de nombreux mouvements révolutionnaires et contre-révolutionnaires. Le monde dans lequel nous vivons actuellement témoigne de leur succès.

    S'il pouvait sembler, aux yeux des néophytes, que le Réseau de la Fraternité avait changé d'attitude pour s'engager sur une voie plus altruiste, rien ne saurait être plus éloigné de la vérité. Les monarchies de jadis furent simplement remplacées par une forme de contrôle plus sophistiquée, à savoir celle des banques centrales de réserve fractionnelle. Comme le fait remarquer William Bramley dans son Magnum Opus The Gods of Eden :

    Le nouveau système monétaire fut un élément majeur dans les révolutions des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, pourtant ce fait est très peu abordé dans les livres d'histoire. Ceux qui dirigeaient alors et toujours le nouveau système monétaire furent qualifiés avec justesse, par un auteur nommé Howard Katz, d'aristocratie du papier.

    La démocratie parlementaire

    En sus du nouveau système de monnaie papier sujet à l'inflammation, il y avait, derrière ces prétendus efforts de réforme bienveillants, cette autre force motrice qu'est la démocratie parlementaire. Beaucoup frémiront à l'idée qu'elle puisse comporter des défauts inhérents. Mais si ce système politique, social et intellectuel était bienveillant, pourquoi nos Fondateurs, à l'instar de Platon avant eux, s'insurgèrent-ils contre les dangers de la démocratie ? Si elle était aussi idéale que cela, pourquoi notre nation fut-elle établie en tant que république constitutionnelle ? Enfin, pourquoi voudrions-nous suivre les traces du Manifeste communiste qui stipule que « nous avons vu plus haut que la première étape pour la révolution de la classe ouvrière consiste à élever le prolétariat au rang de classe dominante afin de remporter la bataille de la démocratie. »

    Bon nombre rétorqueront évidemment que les communistes d'antan utilisaient le terme de « démocratie » tout autant que les politiciens prévaricateurs d'aujourd'hui pour dissimuler leur programme malveillant. Ils ne croient pas en la démocratie et ne la défendent pas. En gros, quand notre candidat gagne, nous sommes pour la démocratie mais quand il perd, nous sommes contre. Même si c'est effectivement vrai, on passe à côté de l'essentiel. Ce qu'il faut retenir, c'est que le fait que la démocratie soit réelle ou non est sans importance, l'objectif étant de s'en servir pour contrôler la majorité. De fait, les mondialistes cherchent à transformer la démocratie internationale  en dictature planétaire. Tout cela fait partie des tentatives actuelles visant à « harmoniser » et à « intégrer » le monde. Car si on peut convaincre tout un chacun de partager le même système de valeurs universelles, pourquoi ensuite ne pas se regrouper sous l'appellation de « gouvernement mondial » ? Pourquoi ne pas établir un Nouvel Ordre Mondial qui veillerait à mettre fin à toutes les guerres ?

    Un instrument moderne de contrôle mental

    En définitive, au vu du mensonge, des jeux de mots, des doubles sens, de l'usage, des détournements, des omissions et autres distorsions du lexique en jeu dans le monde actuel, ce à quoi nous assistons véritablement est une guerre contre la conscience humaine. Car le langage est devenu un instrument moderne de contrôle mental visant à anéantir la volonté, la créativité et l'imagination des individus. Ajoutez à cela la répétition de la propagande, les efforts de désensibilisation, la projection subliminale, l'amplification des médias modernes en progression constante et toutes les perceptions programmées issues des recherches en sciences cognitives, psychologie, sociologie, sémiotique et linguistique — il n'est pas bien difficile de comprendre pourquoi les masses s'apparentent désormais davantage à des gobelins macabres de l’outre-monde qu'à des êtres humains civilisés et rationnels.

    Dans son livre intitulé Secret Societies and Psychological Warfare, Michael A. Hoffman nous fait part de quelques réflexions très intéressantes sur l'occulte et non sur les motivations politiques à l'origine de ces crimes sordides :

    Le partisan français Antonin Artaud, architecte de la théorie du « Théâtre de la cruauté » au pouvoir transformateur ayant inspiré nos médias actuels excessivement axés sur le sexe et la mort, avait déclaré ceci à propos du traitement de l'Esprit de groupe : « Hormis la sorcellerie insignifiante pratiquée dans les campagnes, il a les maléfices à l'échelle mondiale auxquels prennent périodiquement part toutes les consciences averties [...] C'est ainsi que des forces étrangères sont invoquées et transportées vers la voûte astrale, ce dôme sombre composé surtout [...] de l'agressivité toxique des esprits malfaisants de la majorité [...] de la redoutable oppression tentaculaire d'une sorte de magie civique qui apparaitra bientôt sous son jour véritable. »

    À la lecture de la citation ci-dessus, on ne peut s'empêcher de penser à la déesse Circé de l'ancienne mythologie grecque. Son nom issu du celtique Kirk ou Kerk est l'exégèse du mot « église ». Selon la tradition mythologique, la prêtresse attirait les innocents dans sa tanière à l'aide de sortilèges. Une fois à l'intérieur, elle s'emparait de leurs esprits, transformant les jeunes en porcs et autres animaux dont elle se servait ensuite pour se nourrir. L'église appartenant essentiellement au passé avec la déclaration de Nietzsche affirmant que « Dieu est mort », ce sont désormais les « artistes » qui la remplacent. C'est par le biais de spectacles sur MTV, American Idol3 et autres vaines épouvantables abominations de notre culture populaire nihiliste et cannibale en faillite morale qu'on nous vole nos esprits. On nous paganise, on nous brutalise, on nous pervertit, on nous sexualise et on nous réduit à la phase Nigredo4 du Grand Œuvre alchimique. C'est une Force qui nous nourrit.

    Dans son extraordinaire ouvrage, The Active Side of Infinity, Carlos Castaneda nous éclaire à propos de cette dernière et de son modus operandi :

    Il disait que cette frange étroite de conscience était l'épicentre de l’auto-réflexion à laquelle l'homme se faisait irrémédiablement prendre au piège. En jouant sur cette dernière qui constitue le seul point d'éveil qui nous ait été laissé, les prédateurs provoquent des crises de conscience qu'ils se chargent ensuite de consommer de manière impitoyablement prédatrice. Pour ce faire, ils nous posent des problèmes insensés de telle sorte que nous restions en vie afin qu'ils puissent se repaître des poussées d'énergie de nos pseudo-préoccupations.

    L’avènement du Mal

    La véritable alchimie portait sur la transformation du plomb en or. Toutefois, il est clair que c'est exactement l'inverse que les Élites essaient de nous faire. Dans leur jeu malsain, tordu et insensé de manipulation magique, nous faisons figures d'initiés de bas échelon. Et quel est le but ultime de cette effroyable partie ? J'aimerais pouvoir dire que la finalité en est un gouvernement mondial mais la réalité est bien plus horrible encore. Au final, l'avènement d'une race humaine à l'esprit contrôlé est également nécessaire à celui de quelque chose d'infiniment plus terrifiant : le MAL. Comme l'a écrit H.P. Lovecraft dans L'Appel de Cthulhu :

    Ce culte ne disparaîtrait qu’au moment où les étoiles seraient à nouveau comme il le fallait et que les prêtres secrets pourraient aller chercher le grand Cthulhu dans sa tombe pour qu’il redonne vie à ses sujets et se remette à gouverner la terre. Il ne serait pas difficile de savoir quand ce temps serait venu car, alors, l’humanité serait tout à fait semblable aux Grands Anciens ; libre et fougueuse, au-delà du bien et du mal, les lois et les morales rejetées, tous ses membres criant, tuant, se divertissant joyeusement. C’est alors que les Anciens, libérés, leur enseigneraient de nouvelles manières de crier et de tuer, de se divertir et de jouir de leur existence ; puis toute la terre s’enflammerait dans un holocauste d’extase et de liberté.

    Bien que ce phénomène puisse paraître récent à certains, en réalité, les tueries ou offrandes de sacrifices à Kali existent depuis des temps immémoriaux. Et c'est, en fin de compte, ce qui a été la Force motrice à l'origine de tous les conflits humains. Est-il surprenant que nos monuments commémoratifs représentent souvent des soldats morts au combat sous la statue de la déesse ?

    Dans le Kalika-Purâna, une écriture hindoue composée vers le Xe siècle, on peut lire :

    Un seul sacrifice humain avec les rites appropriés suffit à gratifier la déesse pour un millier d'années [...] et celui de trois hommes pour une centaine de milliers d'années. Une offrande de chair humaine à Shiva, un consort de la déesse dans son aspect terrifiant, permet de l'assouvir pour trois mille ans. Car le sang, pour peu qu'il soit consacré immédiatement, devient de l'ambroisie5 et comme la tête et le corps lui font extrêmement plaisir, on devrait les offrir au culte de la déesse.

    La pensée est un architecte

    La question qui se pose à présent est de savoir si c'est ainsi que doit être l'avenir. Devons-nous être sacrifiés sur l'autel du mondialisme prédateur ? Heureusement, non. Afin de façonner le futur de manière plus positive, nous devons réaliser que tout ce que nous voyons autour de  nous — l'effondrement de la République, Trixieland, l'amnésie intellectuelle, le matérialisme athée, la cage de fer, le rationalisme à outrance, le pillage de la Terre, l'obscurité et la poussière, les Friches — sont les symptômes d'une détérioration psychique interne. En outre, nous devons comprendre qu'à l'instar d'une araignée tissant sa toile, nous sommes les bâtisseurs de notre propre destin. C'est avec nos pensées que nous tissons les fils des possibilités que nous ajoutons à la trame — la pensée est un architecte. Alors souvenons-nous en et gardons à l'esprit ce que dit le Doc à Marty à la fin du troisième et dernier volet de Retour vers le futur :

    L'avenir est ce que tu en fais. Alors fais en sorte qu'il soit bon !

    À propos de l'auteur

    Alex Vandenberg écrit et effectue des recherches sur une myriade de sujets différents allant de l'économie à l'occulte. Il est actuellement en train de terminer l'écriture de deux ouvrages traitant de vérités transcendantales. La priorité qu'il a accordé à faire la lumière sur ce qui se cache sous la surface — les racines du problème actuel de l'humanité perçu à travers le prisme de la spiritualité — est ce qui l'a guidé.

    Traduit de l'anglais par Ey@el
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    Notes et références

    1. ^  Bande annonce de Help ! de Richard Lester (1965).
    2. ^ La Rose-Croix est un ordre hermétiste chrétien légendaire dont les premières mentions remontent au début du XVIIe siècle en Allemagne. L'existence de l'ordre, et celle de son fondateur Christian Rosenkreutz, sont sujettes à controverse. Le terme « Rose-Croix » désigne, dans leur langage, un état de perfection spirituelle et morale. Comme archétype de société secrète, immémoriale et toute-puissante, les rose-croix apparaissent dans la littérature ésotérisante, souvent comme successeurs des chevaliers du Graal et des Templiers. (Wikipédia)
    3. ^ American Idol est la version américaine (originale) de la Nouvelle Star.
    4. ^ Nigredo est un mot latin désignant la première phase du Grand Œuvre alchimique : « l’œuvre au noir » sous l'égide de Saturne dans lequel il y a mort, dissolution du mercure et coagulation du soufre.
    5. ^ Nourriture d’un goût et d’un parfum délicieux qui était destinée aux divinités de l’Olympe et qui donnait l’immortalité à ceux qui en goûtaient.

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