• Métro (Putain, ça craint)

    Article d'Ey@el

    Si les touristes étrangers le trouvent « romantique », les Parisiens et les Franciliens, eux, obligés de se le farcir quotidiennement pour se rendre au taf ou assister à leurs cours, l’exècrent. Qui/quoi ça donc ? Le métro, peuchère ! Vous savez, ce réseau souterrain de tortillards nauséabonds qui circulent sous — bien que les plus dégoûtés diront dans — les égouts de Paris ; ces bouches béantes, à presque chaque coin de rue, qui engloutissent goulûment les voyageurs pour les régurgiter un peu plus loin tels des bancs de sardines grouillantes entassées pêle-mêle dans leurs trachées exiguës aux heures pointues — tandis qu'aux heures indues, c'est généralement de la plus grosse poiscaille qu'on y trouvera : morues et maquereaux, vous voyez le genre.

    Métro c'est trop,
    Publicité dans la cité,
    Métro c'est trop —
    Métro c'est beaucoup trop !

     "Métro (C'est trop)",
    Téléphone (1977)

    La faute aux Anglais

    Le Métropolitain serait, en fait, une idée repiquée aux Anglais (par contre le Métro-putain est une idée à moi) par le mal nommé Fulgence Bienvenüe, en 1898, à l'approche de l'Exposition universelle de 1900 qui nous valut également la Dame de Fer (non pas la mère Thatcher, l'autre, la tour de Sauron avec son œil qui clignote comme le phare d'Alexandrie et qui fait aussi office de couteau suisse à la française et d'arbre de Noël une fois l'an) — symbole phallique illuminati que nous envient tant les Japonais au point même d'en avoir érigé une réplique rouge et blanche à Tokyo.

    Maintenant avec ses 200 kilomètres de voies et ses 16 lignes, à moins d'avoir programmé son GPS avant de partir, il vaut mieux s'équiper d'une carte et d'une boussole pour s'y retrouver dans ce labyrinthe infernal (d'ailleurs la station Denfert-Rochereau s'appelait à l'origine Enfer tout comme la rue dont le nom a aussi été changé par la suite, on ne se demande pas pourquoi).

    Métro-soûlot-bobo

    Il n'a donc pas ri le dyslexique belge qui traversa la capitale gauloise avec le plan fourni par la RATP (Rentre Avec Tes Pieds) que vous trouverez ci-dessous et sans lequel vous ne comprendrez pas grand chose à l'histoire que je m'apprête à vous conter. À noter que les anagrammes choisies ne sont pas de mon cru mais le fruit des cogitations périlleuses de Gilles Esposito-Farèse dont je vous invite à consulter le plan intégral si vous ne craignez pas la surchauffe neuronale et l'explosion de la rate.

    Cliquer sur l'image pour l'agrandir

    Muni d'un plan d'égout incorrect qu'il trouva Porte de Clignancourt et qui le conduisit Porte de Pantin, le piéton perdant erra durant quarante minutes et quarante secondes dans le désert égal de la Gare de l'Est, se demandant en vain que publier pour la République.

    Anvers est contre nous : les patrons du journal allaient être navrés d'apprendre que ce cul albinos de Louis Blanc, au faciès étiolé comme l’Étoile de Charles de Gaulle, agité certes mais si plein de Gaîté et autant à l'aise à Alésia qu'à l'immersion à Miromesnil, en dépit de son Bel Air ne libéra point le chantre des pommades de Notre Dame des Champs de la révolte des Pires qui souleva la Porte de Versailles. Si seulement il avait réutilisé les Tuileries pour s'engager sur le Sentier imprimé sur ses rétines, il aurait ainsi pu, en passant, faire fermer son clapet au bec dur de la Rue du Bac.

    Ô dur danger ! Gare du Nord, il fut sauvé in extremis par La Muette, cette précieuse amulette que lui avait confiée Saint Ambroise, propriétaire de boites à marins sur les quais de Seine et ennemi juré de Saint Lazare, grand patron ressuscité de l'asile Tarzan, à l'origine même du pillage de Pigalle censé mettre un terme aux ségrégations instaurées par Saint Georges dont le dialecte pâli n'est d'ailleurs plus guère parlé qu'autour de la Place d'Italie.

    Évitant le tumulte occasionné par une ponte de vers Pont de Sèvres, il longea longtemps le fleuve pour se décider à le franchir par le Pont de l'Alma où il en profita pour prendre un pot allemand qu'il compléta par un thé lacté au Châtelet.

    Finalement, comme aucun de ces breuvages insipides ne parvint à apaiser sa soif, il rebroussa chemin et termina par un dernier apéro à l'Opéra. Après quoi, il s'écroula tel l'hémicycle raidi de la Mairie de Clichy.

    Le Manneken-pis toujours debout

    Oh ouais, le Chouchen c’est traître,
    Ça résonne dans la tête.
    J’ai des relents genre mazout,
    Je crois qu’on va revoir la soupe.
    Je suis mou, c’est fini,
    Vite appelle le SAMU
    Ou j’vais crever cette nuit !
    Oh ! Comme tu dégueules,
    Ouah ! Bah! Ô vomi !

    "Comme tu dégueules" (parodie de "Come Together" des Beatles),
    les Bidochons (1992)

    Ce que cette histoire ne vous dit pas, c'est comment l'ami Louis réussit à regagner Bruxelles en nage en faisant la manche dans le métro après s'être fait délester de son portefeuille par une bande de petits rats entre deux entrechats tandis qu'il cuvait sa cuite, mais il ne tient qu'à vous de l'imaginer.

    Ey@el

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  • Commentaires

    1
    jack
    Lundi 21 Septembre 2015 à 17:10

    Sans oublier bien sûr le célèbre poinçonneur des Lilas qui en avait tellement marre de faire ses ptits trous qu'ils l'ont remplacé par une machine !

    J'ai bien ri !!

    2
    Lundi 21 Septembre 2015 à 17:21

    :) Bien ri mais Paris !

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