• Quand les petits mots deviennent de grands maux

    Article d'Ey@el

    Non, je ne suis pas homophobe. N'empêche qu'ils me donnent la migraine tous ces homos avec leurs airs d'en être qui n'en sont pas : homonymes, homographes, homophones... Aux grands mots, les grands « remade »1 devrait-on dire, histoire de rester dans l'ère de son temps — tant que ce n'est pas dans l'aire de Satan.

    Et puis quelle drôle d'idée que les casse-têtes chinois quand les nôtres suffisent amplement à notre malheur (ou notre bonheur, c'est selon). Que les étrangers qui n'y comprennent rien se rassurent : nous non plus. Ceci dit, en passant, bon courage à celui (ou celle) qui voudrait se lancer dans l'exercice périlleux et improbable de traduire ce billet dans une autre langue. Qu'on lui décerne illico la Légion d'honneur s'il (ou si elle) y parvient !

    Parfaits imparfaits à ne pas refaire

    En linguistique, on parle d'homonymie parfaite lorsque deux mots ont la même prononciation (homophonie) et le même orthographe (homographie). Dans la pratique, cela relève du sadisme intellectuel et si en faire le tour peut jouer des tours, mieux vaut s'abstenir, aux échecs, de déplacer sa tour quand ce n'est pas son tour même si c'est bien votre tour. Prenez donc bien garde, surtout aux dames, car il se pourrait bien que l'une d'elles, à votre grand dam, vous dame tous vos pions. Souffler n'est pas jouer. Et toc !

    Hé non, toque. Parce qu'en cuisine, par contre, pour le soufflé il ne faut point attendre. Et le pâtissier qui toure2 sa pâte en attendant son tour, risque fort de rater son feuilletage. Ce qui nous amène à ce mousse indélicat qui siffle une petite mousse en douce, tout en préparant une mousse tandis que de la mousse se détache du mur, tombe dans ses mousses et l'éclabousse. Il en a partout : dans les cheveux, sur son uniforme, sur le visage mais heureusement, il n'a pas de moustache. C'est que la mousse, ça tache — et s'attache aussi. Elle a beau se détacher facilement parfois, elle n'en reste pas moins difficile à détacher.

    Nous parlons du même impudent qui dispose les fleurs dans un vase rempli de vase, livre sa livre de pain avec son livre de comptes, sans s'en rendre compte, ou bien encore, sert, sans réfléchir, de l'avocat à cet avocat rayé du barreau, qui a d'ailleurs fait un séjour derrière les barreaux et qui, maintenant, passe ses jours à fumer des barreaux de chaise. De l'avis général et également de celui du Général, s'il se prend une volée, on pourra dire qu'il ne l'aura pas volée !

    Des maux qu'on soulage à voix haute

    Ah, je les vois venir ceux qui s'empressent exprès de nous balancer leur définition exprès de l'homographie comme celle d'un art pratiqué par les homosexuels. Que ne faut-il pas entendre ! Justement telle est la question : c'est à n'y rien entendre puisque pour comprendre, il faut entendre. En voilà un bon expédient pour qu'ils nous expédient sur les roses. Ouïe ! Vous avez entendu ? Quelle ouïe !

    Ô pléonasme, mais c'est pourtant quand ils excellent à faire de l'excellent travail qu'il convient qu'ils convient tous leurs amis au tribunal. Car si nos intentions fussent que nous leur intentions un procès, nous eussions perdu à coup sûr car ces fils de... nous embrouilleraient facilement les fils si nous objections à leurs objections. Ils font preuve d'un tempérament violent, violent les règles mais bénéficient de l'immunité diplomatique car ils résident chez un résident de l'ambassade du Panama. Chapeau !

    « Mais, c'est faux, il est complètement à l'est ! Et puis, de toute manière, il est trop fier, on ne peut pas s'y fier, » arguerait la défense à propos du procureur.

    Le vair est dans la paume

    Nul n'ignore que la pomme est bien le fruit du péché pourtant le Petit Gibus3 s'est fait mettre au coin (et non au coing) par son maître pour avoir écrit, justement, que la pomme était le fruit du pêcher. Et tout ça pour une histoire de gros bouquins quasi identiques qu'il aurait confondus. Comment voulez-vous que ces pauvres petits ne soient pas traumatisés d'être passés si brutalement du sein de leur mère aux saints du père puis du sang du Christ aux cent lignes à copier du maître ? Il y a de quoi perdre la foi et même d'avoir les foies tout à la fois.

    Sans compter qu'il faudrait voir à remettre les compteurs à zéro avec les contes ou bien mettre un zéro aux conteurs pour le compte. Tenez, par exemple, il eut été plus logique, le carrosse de Cendrillon ayant été créé à partir d'une citrouille, que la pantoufle soit de ver et non de vair et que le Prince se la prenne dans la pomme et non dans la paume mais bon, chacun est libre de raconter les histoires à sa façon. C'est qu'il y a de quoi perdre ses repères avec tous ces mythes. Un vrai repaire de mites ! Les Anglais diraient plutôt qu'on « rabat la laine sur les yeux du petit agneau ».4

    Tournicoti... Tournicoton...5

    Gare aux détours qui nous conduisent à prendre des chemins de traverse car en conduisant ainsi de travers, nous risquons de nous égarer, de tourner en rond et d'attraper le tournis. Comme lorsque l'on se balade dans la Pensine d'un cerveau un peu secoué. Comment va votre tête au fait ?

    Ey@el

    Notes et références

    1. ^ Participe passé du verbe anglais « remake » (refaire). Anglicisme phonétique de remède, les remakes étant très à la mode, tout comme les anglicismes.
    2. ^ Plier plusieurs fois un pâton de pâte feuilletée après l’avoir allongé.
    3. ^ Le Petit Gibus ou Tigibus est le plus jeune des protagonistes de La Guerre des Boutons, roman de Louis Pergaud (1912) rendu célèbre par de nombreuses adaptations à l'écran dont la plus mémorable fut sans doute celle d'Yves Robert en 1962.
    4. ^ « To pull the wool over the little lamb's eyes » signifie berner quelqu'un.
    5. ^ Formule magique prononcée par Zébulon le ressort qui transporte les personnages du Manège enchanté au pays de Bois Joli dans une série d'animation française destinée aux tout-petits que l'on diffusait à la télé dans les années soixante.
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    « Pauvre typeÀ l'ombre de la Lune, mon ami Phénix »
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  • Commentaires

    1
    Samedi 2 Novembre 2013 à 21:45

    OH ! que lis-je !  Petits mots deviennent des grands maux ... je vais rester dans l'air  de mon temps, sans prendre des chemins de traverse, en me méfiant de l'aire de Satan...car Satan l'habite !

    Hé hé, osera , osera pas ; laisser mon comm. ?

    2
    Lùm
    Dimanche 3 Novembre 2013 à 10:04

    Ahhh, ma tête va mieux après avoir lu ce billet inspiré 

    Cela me fait penser à M. DEVOS.... et vous ?

    3
    Dimanche 3 Novembre 2013 à 16:25

    Devos, oui, après coup. J'ai fait beaucoup de linguistique, ça laisse des séquelles ;)

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