• Les huiles essentielles, ces concentrés d'énergie pranique

    Article d'Ey@el

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    Il y a une semaine, j'ai participé en tant qu'auditrice à un webinaire d'aromathérapie en direct de Californie avec David Crow, expert en médecines ayurvédique et chinoise et herboriste, aromathérapeute et acupuncteur de renommée mondiale. Ayant moi-même reçu une formation en la matière et travaillé dans ce domaine, cette mini-conférence d'une heure et demie ne m'aura malheureusement pas autant appris que je l'espérais mais cela m'a donné l'idée de cet article qui est une manière de rebondir pour transformer une perte de temps en quelque chose d'utile à la communauté, à savoir vous qui me lisez.

    De nos jours, avec la prise conscience croissante de l'environnement et des effets de plus en plus délétères de la médecine traditionnelle sur l'organisme humain, les gens se tournent davantage vers la nature et les médecines dites « douces » même si certains n'y voient encore qu'un phénomène de mode sur lequel il y a beaucoup d'argent à se faire. Certes...

    Quelques précautions d'usage

    L'aromathérapie surtout a le vent en poupe mais attention car même si les huiles essentielles sont pour le moment toujours en vente libre (je dis « toujours » car beaucoup de pressions sont exercées contre tous les remèdes naturels, en particulier les plus efficaces comme l'homéopathie et l'aromathérapie), elles n'en demeurent pas moins extrêmement dangereuses quand on ne les utilise pas correctement. Je vais donc essayer de vous donner quelques consignes en vous invitant à les approfondir par des lectures plus ciblées, la littérature en la matière n'étant vraiment pas ce qui manque sur le marché actuellement.

    • Ne jamais appliquer d'huile essentielle pure, toujours diluer dans une huile végétale, un corps gras ou de l'alcool mais jamais dans de l'eau ou un produit aqueux car ces essences végétales sont hydrophobes.
    • Ne jamais projeter dans les yeux ou les muqueuses. En cas d'accident, rincer à l'huile mais jamais à l'eau et filer aux urgences.
    • Ne jamais manipuler près d'une flamme car ce sont des produits volatiles très inflammables.
    • Ne jamais mélanger à des produits chimiques car cela pourrait créer des réactions inattendues et des émanations dangereuses.
    • Ne jamais transvaser dans des flacons en plastique. Toujours dans du verre épais et coloré de préférence marron pour filtrer les rayons UV qui dénaturent ces huiles et bien sûr conserver à l'abri de la chaleur mais pas au froid.
    • Ne jamais administrer par voie orale, topique ou inhalation à des enfants (15 ans age minimum) ou des femmes enceintes.
    • Ne jamais prendre par voie orale sauf sur prescription par une personne qualifiée et sur avis médical.
    • Toujours respecter scrupuleusement les dosages surtout quand elles sont pures. Une goutte, c'est une goutte et pas deux.


    Certaines huiles essentielles sont toxiques par ingestion. En général, elles ne sont pas disponibles en vente libre (du moins en France) mais mieux vaut toujours se renseigner car un médicament même naturel demeure un médicament. Pensez aux champignons par exemple. Une bonne fricassée de cèpes c'est divin, par contre une omelette aux amanites, c'est direction les urgences voire la morgue sans passer par la case ambulance. Oups !

    D'autres comme la cannelle (dont bibi conserve une merveilleuse cicatrice gravée à jamais sur son avant bras pour lui rappeler que toute négligence a des conséquences parfois irréversibles) ou l'origan sont dermocaustiques, c'est à dire qu'elles peuvent brûler la peau ou provoquer des réactions allergiques.

    De mêmes certaines, dont toutes celles issues d'agrumes, sont photosensibilisantes et peuvent donc faire apparaître des tâches brunes indélébiles sur votre peau si vous vous exposez au soleil après avoir appliqué un produit cosmétique ou une huile de massage en contenant. L'hiver vous ne risquez pas grand chose mais l'été, attention.

    Enfin, méfiez-vous des arnaques. On peut vous vendre une huile essentielle diluée (dans une huile végétale) pour de l'huile essentielle pure ou encore des huiles essentielles pures mais de synthèse donc rien à voir. Le critère est souvent le prix surtout lorsqu'il est question d'une essence florale rare et coûteuse à produire comme la rose, le jasmin ou l'hélichryse italienne. Pour les huiles de synthèse, le pif. On en trouve dans des enseignes de greenwashing que je ne nommerai pas mais présentes dans tous les centres commerciaux. En règle générale, achetez vos essences en boutique bio, en herboristerie ou en pharmacie, c'est plus sûr.

    Voilà, je pense n'avoir rien oublié mais si c'est le cas, je vous prie de m'en excuser et de bien vouloir me le signaler en commentaire afin que je puisse rectifier mon omission.

    Que sont les huiles essentielles ?

    Ne pas confondre huiles essentielles et huiles végétales, ce qui n'a rien à voir. Une huile végétale est un corps gras extrait d'une plante oléagineuse, c'est-à-dire une plante dont les graines, noix ou fruits contiennent des lipides. On nomme également huile végétale les « macérats » huileux (exemple, l'huile de millepertuis ou de carotte). Les huiles essentielles sont en fait des essences (du latin essentia, « nature d'une chose ») extraites des composés aromatiques volatiles de certaines plantes odorifères obtenus par divers moyens.

    Durant sa conférence, David Crow a expliqué que chaque huile essentielle représente une sorte « d'énergie pranique », la « force vitale distillée » d'une plante pouvant soit stimuler ou débloquer le prana, chi, ou force vitale. En ce sens, plus que de la simple allopathie (qui produit des effets contraires à ceux de la maladie par opposition à l'homéopathie qui en imite les effets), l'aromathérapie serait, selon lui, une médecine énergétique.

    Comment utiliser les huiles essentielles pour soigner et protéger vos voies respiratoires

    Parmi les découvertes des chercheurs, le fait que les huiles essentielles s'avèrent souvent plus efficaces en vaporisation que sous leur forme liquide pure est intéressant car cela nous renvoie à la raison même pour laquelle les plantes les sécrètent et la manière dont elles s'en servent pour se protéger. Ces plantes (aromatiques) se créent en fait une aura par les essences qu'elles diffusent autour d'elles. Et donc, bien sûr, si certaines créatures les mordillent et qu'elles ont mauvais goût et leur brûlent les muqueuses buccales... Donc l'idée ici est qu'il n'est pas nécessaire d'avoir recours à des dosages élevés pour une efficacité optimale et que moins c'est mieux, la forme vaporisée étant extrêmement efficace contre les microbes.

    Quant au meilleur moyen de traiter les infections respiratoires qui serait d'inhaler de plus grandes concentrations sur des périodes plus courtes, ce n'est pas mal en soi et je pourrais même développer ici avec quelques recettes spécifiques mais un bon exemple serait la méthode que vous connaissez tous qui consiste à verser quelques gouttes d'huiles essentielles dans un récipient d'eau chaude et de vous couvrir la tête d'une serviette en respirant au-dessus, les yeux fermés bien entendu. C'est ce que j'entends par une dose plus élevée sur une période plus courte qui semble le plus efficace pour traiter les infections pulmonaires. Par ailleurs, si vous voulez plus d'intensité et provoquer une expectoration afin d'utiliser les vertus assainissantes du mucus, alors le recours à des dosages plus faibles pour réguler l'équilibre du terrain  tend à être plus adapté. Et qui parle de concentrations moins élevées dit diffuseur.

    Donc le point important à bien retenir est qu'en diffusion, les huiles essentielles ont tendance à être plus efficaces que sous leur forme liquide pure ce qui est particulièrement vrai en matière de problèmes respiratoires parce qu'on ne peut pas vraiment les utiliser sous ue autre forme dans les poumons. En cas d'infection donc,  prendre une bouffée directe de vapeur aromatique s'impose en premier lieu mais ensuite pour bien expectorer et nettoyer les poumons, les huiles en diffusion auront plus d'efficacité. En résumé : une exposition plus longue et chronique avec un dosage plus faible d'huiles essentielles pour améliorer le terrain des muqueuses et une concentration plus forte pour s'attaquer aux pathogènes.

    Je voudrais également aborder trois termes dans deux contextes différents : Vata, Pitta et Kapha afin d'envisager les huiles essentielles du point de vue de la médecine ayurvédique qui sont étroitement liés à leurs trois fonctions élémentaires connues, à savoir antibiotique, probiotique et eubiotique. Je reviens sur ces termes un à un. Antibiotique comme vous savez signifie que ces substances vont tuer les bactéries ; probiotique, qu'elles vont favoriser la culture de bactéries saines ; et eubiotique qu'elles vont entretenir la bonne santé du terrain.

    Qu''est-ce que le terrain ?

    Le terrain est le milieu constitué par les tissus ou un organe. C'est là où se déroulent les événements physiologiques. Le terrain du système respiratoire est donc sa muqueuse. Donc en prenant compte du concept antibiotique-probiotique-eubiotique et en le comparant également avec les énergies Vata, Pitta et Kapha, on en apprend beaucoup sur le fonctionnement des huiles essentielles.

    Cela va nous aider à comprendre les différents groupes d'essences parce que certaines seront sans doute plus efficaces pour les types Kapha, les muqueuses, leur congestion et d'autre plus pour les types Pitta en combattant l'infection et l'inflammation  où certaines méthodes comme l'inhalation par la vapeur s'avérera meilleure pour un système respiratoire sec.  L'intérêt des huiles essentielles est que parce qu'on les inhale au lieu de les prendre par voie orale, elles ne passent pas par le système digestif. Lorsque nous consommons des plantes par voie orale, il faut d'abord qu'elles soient digérées par l'estomac, assimilées par les intestins avant d'être traitées par le foie et envoyées dans le sang vers les différents tissus et organes. En d'autres termes, le métabolisme de digestion est un processus lent qui affecte l'ensemble de l'organisme. Par contre, quand nous respirons des huiles essentielles, elles vont directement vers nos poumons et il va y avoir quelques molécules qui vont aussi directement au cerveau. Leur mode d'action est donc très différent de celui des plantes qui doivent subir le traitement de l'appareil digestif.

    En médecine chinoise ou en médecine ayurvédique, on insiste beaucoup les qualités réchauffantes ou rafraîchissantes et asséchantes ou hydratantes des plantes, c'est-à-dire, l'effet qu'elles ont sur les organes et les tissus, leur énergie, leur température, etc. L'intérêt est que ce système peut aussi s'appliquer en phytothérapie. On pourra dire qu'une plante est hydratante et ce sera sans doute sa qualité la plus importante. Mais cela pourra également impliquer qu'elle peut être lourde et difficile à digérer en provoquant des gaz et des ballonnements dans votre estomac et ainsi de suite. Mais en matière d'huiles essentielles, on  pourra dire que celle-ci est plus rafraîchissante et celle-là réchauffe davantage mais à part quelques exemples clairs, la majorité est difficile à classifier en chaud et froid. Sur le plan pratique, cela signifie que la plupart sont tri-doshas à savoir qu'elles conviennent aussi bien au Vata, Pitta et Kapha,  ce qui fait qu'il n'y a nul besoin d'avoir le même degré d'expertise médical pour pouvoir profiter des bienfaits de l'aromathérapie généralisée. 

    Par exemple, en médecine chinoise, une affection respiratoire induite par un pathogène aérien dans les voies supérieures serait classifiée vent-chaud, vent-froid, vent-humide ce qui en clair dit qu'une infection virale des voies respiratoires aériennes est due à une attaque de vent se manifestant sous forme de chaleur qui prend la forme de fièvre et mucosités jaunes. Le froid implique plus de frissons et des mucosités claires. L'humidité implique plus de mucosités. Prenons n'importe laquelle des huiles essentielles connues pour être bénéfiques au système respiratoire comme l'eucalyptus et les conifères. Nul besoin de se préoccuper de savoir si elles sont réchauffantes ou rafraîchissantes même si elles penchent plutôt vers le côté rafraîchissant. Parce que, pour l'eucalyptus, ses qualités aromatiques expectorantes et ses pouvoirs antimicrobiens sont plus importants que sa nature rafraîchissante.

    En clair, l'aromathérapie  peut mieux s'appliquer à tous les types d'énergie vitale, que vous soyez Vata, Pitta ou Kapha ou pire si vous êtes un combinaison de toutes ces doshas. Vous n'avez pas besoin de diagnostic particulier et vous pouvez traiter les choses efficacement de manière symptomatique avec les huiles essentielles dans votre pharmacie.

    Transcrit et traduit de l'anglais par Ey@el
    © lapensinemutine.eklablog.com

    À propos de l'Ayurvéda et des doshas

    L'Ayurvéda dont il est question dans l'extrait ci-dessus, est née en Inde, il y a plusieurs milliers d'années. À la fois philosophie, spiritualité, médecine, art de vivre, elle nous propose un chemin naturel de santé, de beauté et de bien-être.

    L'Ayurvéda distingue trois types de constitution de base, ou humeurs, appelés DOSHAS.
    Les doshas ont pour noms : VATA, PITTA, KAPHA.

    Chaque être humain est composé de cinq éléments (Espace, Air, Eau, Feu, Terre) dans des proportions différentes. Ce sont ces proportions qui déterminent sa nature profonde, son type de dosha. Par exemple, dire de quelqu’un qu’il est de constitution « VATA » signifie que chez lui l’humeur « VATA » est en excès.

    Lorsque les 3 humeurs sont équilibrées sans être en excès, c’est l’état de santé. 

    Pour connaitre votre dosha, faites le test en ligne.

    Quelques huiles essentielles pour les voies respiratoires

    Eucalyptus mentholé, Niaouli, Eucalyptus radié, Ravintsare, Menthe poivrée, Pin sylvestre, Sapin de Sibérie, Tea tree, Thym thymol.

    En application locale :

    Diluer une combinaison de plusieurs de ces essences (trois est un bon nombre) à raison de 20% dans une huile végétale. Soit 6 ml d'huiles essentielles pour 24 ml d'huile végétale pour un mélange de 30ml sachant que 1 ml d'huile essentielle avec un flacon codigoutte standard représente 35 gouttes environ. Appliquer sur la poitrine et le cou plusieurs fois par jour et le soir au coucher.

    En inhalation :

    Verser 5-6 gouttes au total d'une seule ou plusieurs essences dans un grans bol d'eau bouillante et inhaler jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vapeur. Réitérer plusieurs fois par jour.

    Par diffusion :

    Verser une dizaine de gouttes au total dans un diffuseur à froid ou plus selon le type d'appareil.

    Pour les bronches et la toux, l'inule odorante, chère mais efficace en application locale.

    Voilà ce ne sont que quelques indications. Si vous souhaitez approfondir, il existe des tas de sites en ligne (plus ou moins sérieux, attention de ne pas vous arrêter au premier) et de nombreux livres. Pour ma part, j'ai longtemps utilisé ceux du Dr Valnet (père de la phyto-aromathérapie) comme bible de référence.

    Soignez-vous bien et que la Force vitale soit avec vous !

    Ey@el

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 20 Janvier à 17:51

    Moi, j'ai une question bête mais pratique ! On fait comment pour avoir les dernières gouttes d'huiles essentielles du flacon ? Grrrr ! j'ai le soucis pour deux flacons, il reste la moitié du produit dans les flacons mais rien à faire ça ne coule plus ! 

      • Dimanche 20 Janvier à 18:24

        Aarggh !!! J'ai le même souci. Il faut acheter (ou recycler) une pipette en verre avec un embout en caoutchouc (souvent vendue avec le flacon) et ôter le codigoutte. Ça marche aussi avec les autres produits qui ne sont pas des huiles essentielles comme la vitamine D liquide vendue en pharmacie dont on ne peut jamais avoir le fond. Mais ne pas laisser la pipette dans le flacon car les vapeurs d'HE vont bouffer le caoutchouc et s'évaporer. Et nettoyer à l'alcool tout de suite après. Les codigouttes sont de vrais cauchemars quand on fait ses produits soi-même car il y a toujours des liquides un peu trop visqueux qui bouchent le codigoutte et quand il faut se dépếcher pour réussir une préparation, c'est galère. Maintenant je prépare mes pipettes comme ça si ça coince avec le codigoutte, vite je le fais à la pipette. Par compte au niveau dosage, je ne sais pas si les gouttes avec la pipette sont identiques à celles du codigoutte. En général quand ce ne sont pas de petites quantités, j'utilise une éprouvette graduée.

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