• Projet Eklabugs : Le bonheur est-il dans le pré ?

    Article d'Ey@el

    © AquaSixio

    Pour clore cette année chaotique (le mot est faible) qui apparemment ne nous aurait pas encore livré tout ce qu'elle avait en réserve (du moins au moment où j'écris ces lignes), sur Eklabugs, nous avons choisi de plancher sur LE thème qui fait courir l'humanité.

    À la poursuite du bonheur

    On nous fait croire
    Que le bonheur c'est d'avoir
    De l'avoir plein nos armoires
    Dérisions de nous dérisoires
    Car foule sentimentale
    On a soif d'idéal
    Attirés par les étoiles, les voiles
    Que des choses pas commerciales

    ♫ "Foule sentimentale", Alain Souchon (1993)

    La définition académique du bonheur selon Wikipédia est « un état ressenti comme agréable, équilibré et durable par quiconque estime être parvenu à la satisfaction de ses aspirations et désirs et éprouve alors un sentiment de plénitude et de sérénité. »

    Autant dire que le bonheur peut être tout et n'importe quoi. Et surtout, totalement subjectif. Ce qui devrait d'emblée vous interpeller chaque fois que l'on vous dit « vouloir votre bonheur ». Comment peut-on savoir ce qui va satisfaire vos aspirations et vos désirs, hein ? On a planqué une caméra dans votre tête ?

    À moins que l'on ne veuille vous le piquer (votre bonheur) et ce, en supposant que vous l'ayez trouvé. Ce qui ne coule pas forcément de source car la plupart d'entre nous portons des masques (et je ne parle pas de ceux auxquels vous pensez). Mais là n'est pas la question, ne nous égarons pas.

    En fait, si l'on veut se lancer en quête de quelque chose, il me semble juste de savoir quoi. Logique, non ? Sinon cela revient à poursuivre des chimères et ce genre de chasse finit toujours en eau de boudin (parce qu'une chimère, c'est dégueu comme bestiole).

    Le soucis, c'est que beaucoup de gens confondent bonheur et plaisir. D'après certains philosophes (ne me demandez pas lesquels), la différence serait que le second est éphémère et limité par la nature de son objet, le premier étant durable et relevant non seulement du corps mais aussi de l'esprit. Ainsi, en poursuivant le palpable (sensoriel ou matériel), on revient toujours bredouille car le plaisir, c'est comme l'or des Leprechauns : il disparaît avec l'arc-en-ciel. Il faut sans cesse le renouveler au risque d'avoir un effet rebond et de se sentir encore plus malheureux qu'avant.

    Y'a de la joie !

    C'est pas le moment de pleurer
    Joyeux, joyeux
    Mets cette joie dans ton cœur
    Là où elle brillera demain
    D'or et d'argent
    Des gens radieux qui se tiennent la main
    Des gens radieux qui se tiennent la main
    Des gens radieux qui rient

    ♫ "Shiny Happy People", REM (1991)

    Dans son ouvrage intitulé Lâcher prise, comment se reconnecter à soi-même, Benoit Aymonier explique que « contrairement à la joie qui est une émotion dépendante de la satisfaction d’une attente, d’un besoin ou d’un désir, le bonheur est un état qui se manifeste sans cause ni raison : c’est être heureux sans pouvoir dire pourquoi ni comment. Être en quête du bonheur nous procure les plaisirs et les joies liées à la quête, mais ne nous permet jamais de l'atteindre ni de le vivre. »

    « En fait, le bonheur, c’est ce que nous ressentons lorsque nous sommes ce que nous Sommes, quand on s'autorise à être ce que l'on Est. Le seul moment où il peut survenir, c’est ici et maintenant. Mais lorsque nous souffrons ou que nous avons peur, nous sommes en mode protection et nos réactions — liées à nos conditionnements — nous éloignent de nous-même. Nous passons alors à côté de ces instants de connexion à l'instant présent, de connexion à notre essence. »

    « Certaines de nos souffrances et de nos peurs sont tellement fortes et ancrées que l'on n'arrive pas à faire tomber nos masques et nos armures. À tel point que certains font des burn out, des dépressions, développent des troubles psychologiques et mentaux, voire mettent fin à leur jours. Pourtant, le bonheur est accessible à tous et à chaque instant quand ce qui nous empêche d'Être cède... et ce quel que soit le nombre de casseroles et de blocages que nous avons. Le bonheur est déjà là, dissimulé dans la magie du moment présent qui est l’opportunité toujours renouvelée de nous libérer et d’Être. »

    Voilà, maintenant que l'on sait ce qu'est le bonheur, il suffit de s'y coller et on va tous devenir des bisounours. Youpi !

    À la bonne heure

    Tout en toi respire le bonheur
    Et désormais je ne me contenterai
    Pas de moins.
    Donne-moi toute la paix
    Et la joie de ton esprit.

    ♫ "Bliss", Muse (2001)

    En résumant bien, nous passons notre temps à courir après quelque chose qui est juste là sous notre nez, anticipant cet état en projetant notre conscience dans l'avenir (« je serais heureux quand... », « je serais heureux si... ») alors qu'il n'existe que dans l'instant présent. Le bonheur, c'est la reconnexion à son âme. L'ironie est dans le fait que pour parvenir à cette sérénité intérieure, il faut s'extraire de ses états d'âme. Parce que lorsque nous sommes dans tous nos états, ce ne sont pas ceux de notre âme car l'âme n'a qu'un seul état : être.

    Vous n'avez rien compris ? Pas grave, moi non plus !

    Du moins, mon mental commence à ramer et à se faire de nœuds. Raison pour laquelle, il m'est difficile d'expliquer par des mots. J'intègre plutôt cette notion en mon centre, je la ressens dans mon cœur et je me laisse guider par elle. Ce n'est pas toujours facile mais s'observer permet de trouver sa chambre des secrets, là où se planque notre âme, pour aller s'y réfugier quand le mental n'en fait qu'à notre tête et nous sort de notre état de plénitude.

    Pour moi le bonheur, ce serait parvenir à lâcher-prise de mes peurs et autres blocages, boule dans l'estomac, etc., et ne plus donner prise à celles du monde extérieur. Il ne s'agit pas de virer ermite, mais au contraire, de devenir un phare et un point d'ancrage pour les autres navigateurs en péril.

    « Suivez votre félicité et des portes s'ouvriront là où il n'en existait aucune auparavant » dit le mythologue américain Joseph Campbell. Si par bonne heure vous y parvenez, plus vite vous pourrez nager dans le bonheur au lieu de vivre au petit bonheur la chance et de vous noyer dans les encacatements. Même s'il parait que mettre les pieds dedans porte bonheur !

    Recevez donc, avant l'heur, tous mes vœux de bonheur pour la nouvelle année à venir. Je vous invite maintenant à aller chez les autres participants (liste ci-dessous) voir si leur bonne est à l'heure pour servir les cocktails.

    Ey@el

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    « Passez un joyeux petit COVIDÊtre ou ne pas être : tel est l'enjeu »

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 31 Décembre 2020 à 10:34

    En ce dernier matin du dernier jour de 2020 (mais pas à la dernière heure puisqu'il n'est que 10h14)  Eyael_ éclaire :)

    Bonheur et plaisir : ne sont-ils pas finalement un subtil pléonasme ? Dans la mesure où ce qui les différencie... est tout aussi subtil, pour ne pas dire individuellement subtil ?

    En tout cas : "Pour moi le bonheur, ce serait parvenir à lâcher-prise de mes peurs et autres blocages, boule dans l'estomac, etc., et ne plus donner prise à celles du monde extérieur." Et bin ça ça me parle !   Mais pour moi ce serait davantage une libération personnelle qu'un bonheur, parce que mon bonheur je l'ai : il est là et je le vis bien.  (en tout cas c'est l'impression que j'ai, j'espère pas me gourer !!)   

    Ermite ou phare ? je pense que chacun a un rôle... d'éclaireur, à sa manière.   

    Merci  Eyael_

     

      • Jeudi 31 Décembre 2020 à 16:58

        Pas de quoi ! La subtilité dont tu parles c'est un peu ce qui fait la différence entre le paradis et l'enfer. Le petit truc qui fait que certains dorment et d'autres sont éveillés. Je pense que tu te focalises trop comme nous tous d'ailleurs sur des mots puisque d'après ce que tu dis tu as très bien saisi l'essence du truc. Que tu appelles ça libération, je n'ai rien contre mais l'important ce n'est pas le terme qu'on emploie mais  ce que l'on vit. Enfin là même je n'arrive pas à trouver les mots adéquats.

      • Vendredi 1er Janvier à 10:53

        C'est parfois la subtilité qui fait toute la différence :  thanks de n'avoir rien contre ma "libération"  he .

        On sait toutes les deux que "les mots" sont importants, mais (l'exercice de la session le prouve) ils deviennent complexes à utiliser quand on parle de "bonheur", peut-être parce qu'il se conjugue tout le temps,  à tous les temps, et différemment pour chacun ?  

        Une session qui paraissait simple mais pas tant que ça finalement !?
        Mais hé : on l'a fait  cool

         

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