• Une neuroscientifique explique ce qui se passe dans le cerveau lorsque l'on médite

    Article de Joe Martino traduit par Ey@el

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    Ces derniers temps, la méditation est en train de se populariser. Ce sont peut-être les témoignages anecdotiques partagés entre amis ou le fait que de plus en plus d'études scientifiques viennent en confirmer les bienfaits qui incitent les gens à se consacrer à cette pratique. Il a été démontré que la méditation réduisait le stress, qu'elle accroissait le bonheur et la qualité de vie, augmentait la quantité de matière grise dans le cerveau rendant ainsi les individus plus humains, faisant baisser la pression artérielle, améliorant la mémoire et bien davantage encore. Une importante série d'avantages pour une activité aussi paisible.

    La méditation peut parfois décourager. Apaiser son esprit et arrêter de penser pour pénétrer dans un espace de tranquillité n'est pas chose aisée. Comme la plupart d'entre nous, en particulier dans notre culture occidentale, n'avons jamais appris à explorer cette pratique dès notre plus jeune âge, il peut s'avérer encore plus difficile d'entrer dans cet état de quiétude méditative en réalisant que nous ne sommes ni nos pensées ni notre mental. Ceux que cela rebute trouverons quelques trucs ICI et là (voir Articles connexes). Si vous cherchez de bons conseils pour entrer en méditation, vous devriez y jeter un œil.

    Que se passe-t-il lorsque l'on médite ?

    Un groupe de neuroscientifiques de Harvard se sont réunis pour étudier les bienfaits de la méditation pour le cerveau et la manière dont elle affecte la conscience. Sara Lazar a soumis, pendant huit semaines, un groupe de seize cobayes à un programme basé sur l'attention afin de déterminer si la méditation à court terme pouvait opérer des changements dans la manière de vivre et sur le cerveau.

    Les sujets ont reçu un exercice guidé de 45 minutes à pratiquer chaque jour et ont été incités à exercer leurs diverses activités quotidiennes en demeurant le plus alertes possible. En moyenne, ils ont pratiqué l'attention consciente 27 minutes par jour. Les résultats de cette étude sont présentés ci-dessous.

    L'auteur principal de l'article, Britta Hölzel explique : « La plasticité du cerveau est une chose fascinante à observer tout comme le fait qu'en ayant recours à la méditation, nous puissions jouer un rôle actif dans sa modification en accroissant notre bien-être et notre qualité de vie. »

    Un des grands avantages de la méditation est que le cerveau cesse de prendre autant d'informations en considération, ce qui est, en général, indiqué par les ondes bêta. Lorsque celles-ci diminuent, on constate une réduction des données traitées. Grâce à l'imagerie par résonance magnétique (IRM), on peut observer où et comment elles décroissent le plus comme le montrent les changements de couleur dans l'image ci-dessous.

    Pour aller encore plus loin, voici quelles zones cérébrales ont été affectées de diverses manières par la méditation.

    Lobe frontal

    Il s'agit de la portion la plus évoluée du cerveau, en charge du raisonnement, de l'organisation, des émotions et de la conscience de soi. Au cours de la méditation, le cortex frontal tend à se déconnecter.

    Lobe pariétal

    Cette zone traite les informations sensorielles à propos du monde qui nous entoure, nous orientant dans le temps et l'espace. Pendant la méditation, son activité ralentit.

    Thalamus

    Véritable gardien des sens, cet organe focalise notre attention en canalisant des données sensorielles au plus profond du cerveau, interrompant tous les autres signaux. Grâce à la méditation, le flot d'informations n'entre plus qu'au compte-gouttes.

    Formation réticulaire

    Cette structure est la sentinelle du cerveau ; elle reçoit les stimuli extérieurs et maintient ce dernier en alerte, prêt à réagir. Le fait de méditer réactive le signal d'éveil.

    Cette étude démontre que des altérations de la structure cérébrale pourraient expliquer certaines améliorations observées et que les gens ne se sentent pas mieux uniquement parce qu'ils passent un moment de détente.

    ~ Dr Sara Lazar, auteur principal de cette étude

    Dans la vidéo ci-dessous, la neuroscientifique Sara Lazar expose les effets de la méditation sur notre cerveau (sous-titrage en français disponible en cliquant sur la deuxième icône de la barre d'outils à droite — N.d.T.).

    Des avantages sociaux pour une vision plus large

    En examinant les avantages de la méditation, on peut imaginer combien le monde pourrait être différent si tous, voire une majorité de personnes, s'y adonnaient plus régulièrement. Davantage d'attention consciente, de bonheur, de considération et d'empathie envers autrui pourraient-ils avoir une influence sur lui ? Et qu'en est-il de la diminution du stress et de l'amélioration de la mémoire ? Imaginez si au lieu de tout ce temps consacré à détruire notre corps et notre esprit par toutes les pratiques de notre société moderne comme la boisson, le tabac, la consommation de drogues, les médicaments pour palier à TOUT et la télévision que l'on considère, en général, comme acceptables, on l'utilisait, au contraire, pour méditer. Quelles pourraient être les conséquences ?

    Il y a certainement matière à réfléchir lorsque l'on réalise que bon nombre des problèmes rencontrés au quotidien dans le monde actuel résultent d'un manque de conscience et d'une prise de contrôle de l'individualité egoïque dans laquelle nous perdons de vue la manière dont nos actes affectent autrui ou comment nous pouvons nous laisser aller à nous sentir personnellement visés. Des études ont montré, par exemple, que la méditation améliorait la communication et la compassion envers autrui. Au vu de la somme de nos défis terre-à-terre quotidiens venant du fait que nous considérons les autres comme un problème dans notre existence, ne serait-il pas juste d'affirmer que se mettre soudain à voir au-delà de ces évaluations perçues et de nouer des liens avec autrui pourrait, au lieu de cela, contribuer à créer une réalité plus paisible et plus encourageante ?

    Il me semble que beaucoup de nos difficultés à l'échelle planétaire ne proviennent pas nécessairement des structures qui nous entourent et nous limitent mais de ce que cette expérience est le fruit de la conscience ou de l'état d'esprit qui sert de base à ce monde. Pour réformer ce dernier à la source, un changement des mentalités (la conscience ou la vision du monde) déclencherait une interprétation différente de notre manière de vivre et de générer ainsi ce qui nous entoure. Au lieu de nous contenter d'agir en fonction de nos croyances et de notre conditionnement, comme c'est le cas aujourd'hui, nous pourrions nous débarrasser de tout cela et créer à partir d'un espace relié à nos cœurs et êtres véritables, ce qui, à mon sens, opérerait une transformation radicale de ce monde.

    Traduit de l'anglais par Ey@el
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