• Projet Eklabugs : Faut pas pousser pépé dans le continuum

    Article d'Ey@el

    Qui es-tu ?
    (Qui es-tu ? Qui qui ? Qui qui ?)
    Parce que j'aimerais bien savoir...

    ♫ "Who Are You", The Who (1978)

    Il est tard, dit le Docteur.
    — Le Docteur qui ?
    — Non, le Docteur Who !

    Ce qui est kif-kif bourricot sauf si l'on tient compte de l'éventualité potentielle théorique improbable d'un jeu de mots sur l'acronyme anglais de l'OMS (World Health Organisation). Qui plus est, on s'en fout de l'heure puisque par définition, dans un TARDIS (Temps À Relativité Dimensionnelle Inter-Spatiale), le temps est une constante totalement inconstante sans queue ni tête — raison pour laquelle le lapin blanc lui court toujours après, le chapelier a pété une durite, et cette pauvre Alice est tombée dans un trou noir (voir Articles connexes).

    Vous n'avez rien capté ? Normal, c'est le sujet à la mords-moi ces nœuds de cette trente-neuvième session Eklabugs destiné à vous balader dans les méandres du continuum espace-temps pour vous emmêler encore plus les neurones (mais rassurez-vous, un petit coup de fluide quantique et tout redeviendra bien lisse comme avant). Alors parés pour un voyage dans le temps ? Bouclez votre mental, c'est parti mon qui-qui !

    La machine à faire des nœuds

    Je suis celui qui voyage dans le temps à reculons,
    Un antique détricoteur de laine,
    Naviguant en chansons, pleurant à la lune...

    ♫ "Backwards Traveller", Paul McCartney & Wings (1978)

    Fait paradoxal en soi avant même d'avoir provoqué le moindre paradoxe théorique, l'exploration temporelle semble obséder l'humain, conscient de la fugacité de son existence, de sa fragilité et de son impuissance ressentie face à sa destinée, et ce depuis la nuit des temps. Qu'il s'agisse de magiciens de légendes comme Merlin l'Enchanteur (Moyen-Age) ou de théâtre comme le Prospéro de La Tempête (1611) de Shakespeare, capables de modifier le cours des événements et d'influencer la courbe du temps — ou de savants « fous » mettant au point des technologies pour voyager sur le continuum comme dans La Machine à explorer le temps (1895) de H. G. Wells devenu un classique du genre, religion et science auront beau s'accorder à brider les esprits en décrétant que c'est impossible, la culture n'a eu, n'a et n'aura de cesse de nous en abreuver à toutes les sauces, que ce soit par le biais des légendes, de la littérature, de la bande dessinée, du cinéma ou des jeux vidéos.

    Alors si ce n'est pas possible, pourquoi nous bourrer le mou avec tout ça, hein ? Notez que je ne fais que poser la question et que je ne prétends aucunement détenir la réponse (ce à quoi vous pourriez légitimement rétorquer que je fais du paradoxe dans le paradoxe mais vous ne le ferez pas car sinon votre tête va exploser avant même d'avoir abordé les paradoxes qui font bobo).

    Bidouilles temporelles

    Et vendredi qui a 11 ans, elle s'est construit
    Son crime et son rêve,
    C'est une machine à rattraper le temps.
    Et sans manière, elle fout le camp
    Vers moi devant,
    Et moi je l'apprends et elle m'éprend
    Et par derrière par devant.
    Elle aura tout son temps,
    Et sans retour en arrière,
    Pour s'enfuir en avant.

    ♫ "La Machine à rattraper le temps", Indochine (1987)

    Qu'il s'agisse de retours dans le passé comme dans Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban (1999) et Harry Potter et l'enfant maudit (2016) où les protagonistes ont recours à un « retourneur de temps » pour revenir quelques heures ou décennies en arrière et la série Code Quantum (1993) dans laquelle un physicien découvre puis subit involontairement un moyen de voyager dans le temps par « sauts quantiques » — ou bien d'incursions dans l'avenir à l'aide d'une DeLorean trafiquée comme dans Retour vers le futur 3 (1990), d'une potion magique comme dans Les Visiteurs (1993) dont une erreur de formulation propulse les héros des siècles en avant au lieu de quelques heures en arrière — la motivation première de ces voyageurs du temps (chronautes) est toujours d'aller rectifier des erreurs en amont ou en aval pour tenter de réparer le présent.

    Sauf dans certains cas où ces excursions dans le temps se produisent de manière totalement fortuite et accidentelle. Dans Phildelphia Experiment (1983), une expérience militaire, durant la seconde guerre mondiale, visant à rendre un navire de guerre invisible aux radars ennemis, tourne à la catastrophe et propulse deux matelots vers l'avenir, quarante ans plus tard. Dans Nimitz, retour vers l'enfer (1980), c'est le contraire :  un porte-avions nucléaire américain pris dans une tempête électromagnétique se retrouve quelques heures avant l'attaque de Pearl Harbor, soit quarante ans en arrière. Dans Les Langoliers (1995) adapté d'une nouvelle de Stephen King, certains passagers d'un avion qui s'étaient endormis avant de traverser une aurore boréale découvrent qu'ils sont seuls à bord et réalisent qu'ils sont restés coincés dans un espace temporel temporaire, sorte de no-man's land destiné à être dévoré par des créatures ressemblant au Pac-Man du jeu vidéo — les nettoyeurs/charognards du Temps. Enfin, dans Un Jour sans fin (1993), un homme se retrouve prisonnier d'une boucle temporelle à revivre inlassablement la même journée.

    C'est sans parler non plus de toutes ces histoires dans lesquelles des visiteurs du futur font irruption dans notre présent pour tenter de nous mettre en garde, ce qui est plus ou moins la même chose, selon le point de vue sous lequel on se place. De mémoire, je pense à L'Armée des Douze Singes (1995) et à la série Les 4400 (2004).

    Et puis, bien sûr, reste la science-fiction pure et dure où voyages dans le temps riment avec voyages intergalactiques par le biais de vaisseaux ou de portails spatiaux-temporels comme dans Doctor Who ou Star Trek que tout le monde connaît (curieusement moi pas trop car, en fait, je ne suis pas très fan de science-fiction).

    L'effet papillon

    Comment se fait-il que je revienne à mon point de départ ?
    Comment se fait-il que je retombe sur mes erreurs ?
    Je ne vais plus lâcher la balle des yeux,
    Mon film se déroule quand tu coupes la corde.

    ♫ "15 Step", Radiohead (2008)

    Qu'est-ce que l'effet papillon ? Il s'agit d'une théorie métaphorique, émise par le météorologue Edward Lorenz au cours d'une conférence scientifique en 1972, selon laquelle un battement d’ailes de papillon au Brésil pourrait, par un enchaînement subtil de circonstances, provoquer une tempête au Texas. Un peu comme l'effet boule de neige. Ou la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Phénomène de réaction en chaine du domino qui provoque la chute en cascade de tous les autres.

    Un concept que Ray Bradbury avait déjà exploré vingt ans plus tôt dans une nouvelle intitulée "Un Coup de tonnerre" (1952) et qui nous ramène aux voyages dans le temps en nous obligeant à considérer l'hypothèse d'un éventuel impact sur l'avenir si des êtres venus du futur altéraient un simple élément du passé, aussi insignifiant soit-il comme un papillon écrasé au Jurassique qui pourrait entraîner des conséquences dramatiques soixante millions d'années plus tard.

    C'est également le thème du film éponyme L'Effet papillon (2004) dans lequel un homme a le pouvoir de retourner quelques instants en arrière dans son passé, ce qui à chaque fois modifie le cours entier de son existence sans jamais vraiment résoudre ses problèmes de fond.

    Paradoxe quand tu nous tiens

    Ce qui nous amène aux fameux paradoxes temporels dont le plus connu est sans doute celui du grand-père. Par exemple, si vous remontez le temps et tuez votre grand-père biologique avant que celui-ci n'ait pu concevoir votre père, vous ne pourrez pas venir au monde et par conséquent remonter le temps une fois adulte. C'est une des théories servant à réfuter toute possibilité de voyage dans le temps qui a été démontée à son tour par la physique quantique et le concept des multivers où les deux versions possibles existeraient indépendamment l'une de l'autre dans des univers semblables mais distincts (ouille !).

    Un second classique du genre est le paradoxe de prédestination dans lequel le voyageur serait pris dans une boucle causale où quoi qu'il fasse, il ne peut rien changer à l'histoire car ce qu'il fait dans le passé serait, par définition, déjà arrivé. En fait son présent est déterminé par son excursion temporelle comme dans Terminator (1984) où un soldat envoyé dans le passé pour protéger la mère de son supérieur d'un cyborg du futur venu pour l'exterminer, finit par concevoir ce dernier avec elle, lequel une fois adulte l'enverra dans le passé protéger sa mère pour qu'il puisse naître (aïe !).

    Souvent confondu avec le paradoxe de prédestination, le paradoxe ontologique ou paradoxe de l'écrivain concerne plus spécifiquement des objets et informations générés à partir d'une boucle temporelle comme dans l'extrait ci-dessus de Retour vers le futur (1985) où le héros joue un morceau de Chuck Berry lors d'un bal de promo, ce dernier l'entendant par téléphone s'en inspire alors, faisant qu'en fait "Johnny B. Goode" n'aurait jamais été écrit par personne (faites travailler vos méninges un peu, c'est de la pure logique cartésienne).

    La théorie des cordes

    C'est sans compter avec la physique quantique qui soutient que non seulement le temps ne serait pas linéaire comme nous le percevons mais qu'en plus il serait possible de le remonter en empruntant des trous de ver ou ponts d’Einstein-Rosen (sortes de pliures spatio-temporelles) ou encore en se servant de gigantesques cordes cosmiques (concentrés de matière filiformes d'une longueur et d'une densité presque inimaginables) se mouvant à une vitesse proche de celle de la lumière.

    Il entreprit d’expliquer que l’univers était constitué à l’origine d’un point de matière unique et très dense, qu’il serait issu d’une énorme explosion survenue il y a dix-huit milliards d’années, nommée big bang.
    — Après l’explosion, poursuivit Stern, l’univers s’est dilaté en prenant la forme d’une sphère, mais qui n’était pas parfaite. À l’intérieur de cette sphère l’univers n’était pas complètement homogène, ce qui explique pourquoi nous avons aujourd’hui des galaxies groupées et disséminées irrégulièrement au lieu d’être réparties de manière uniforme. Quoi qu’il en soit, cette sphère en expansion permanente avait de minuscules imperfections, qui n’ont jamais disparu et font toujours partie de l’univers.
    — Où sont-elles ?
    — Elles sont subatomiques. Parler d’écume quantique est une manière de dire qu’à des dimensions infinitésimales l’espace-temps forme des ondulations et des bulles. Mais au niveau atomique, il est possible qu’il y ait des trous dans cette écume.

    Extrait de Prisonniers du Temps © Michael Crichton, 1999

    Disons pour faire court qu'en physique quantique, la matière au niveau subatomique existe, comme nous l'avons vu (voir Articles connexes), de manière aléatoire et intriquée sous forme de particules et d'ondes et que les quantas sont des ondes mathématiques de probabilité d'existence de la matière définies par les physiciens.

    Ce qui induit le concept de non-localité où les quantas échangent instantanément de l'information avec d'autres endroits ou dimensions par le biais de trous de ver. On parle alors de pluri ou multi-dimensionnalité impliquant l'existence d'autres univers en concomitance avec le nôtre.

    Savoir également que nos neurones, pensées et cellules fonctionnent à une vitesse supraluminique (au-delà de la vitesse de la lumière) et construisent et formatent les particules physiques de notre réalité matérielle ; que ces ondes de force et de probabilité constituent une écume quantique informationnelle et énergétique des informations mathématiques qui sont composées de cordes harmoniques (minuscules  brins d'énergie en vibration, d'une taille incroyablement petite), comme celles d'un violon, et que chacune de ces cordes possède jusqu'à onze dimensions qui interagissent entre elles.

    Selon une autre théorie dite des membranes, les cordes se déplaceraient grâce à leurs dimensions re­pliées, celles à onze dimensions (branes) pouvant s’étirer pour former une membrane ayant l’aspect d’une tranche spatio-tem­porelle dynamique. À noter aussi que sur ces onze dimensions, dix seraient spatiales, la onzième temporelle.

    Enfin, il existerait deux types de cordes : les cordes ouvertes (indéfinies) des atomes de matière et de lumière de notre univers 3D rattachées à notre univers et les cordes fermées (finies) ou gravitons flottant à travers toutes les membranes et tous les univers et constituant la force de gravité. (Source)(Source)(Source)

    Anachronismes et failles temporelles

    Ça y est, vous avez mal au crâne ? Non, sans blague, moi aussi ! Mais attendez-voir : il y aurait des indices troublants semblant indiquer que, dans le futur, on aurait découvert comment voyager dans le temps. Vérité ou intox, à vous de vous faire une idée :

    Mais également que des failles temporelles soient possibles permettant au passé de faire irruption dans le présent :

    Le 16 octobre 1997, un boulet de canon semblable à ceux utilisés durant la guerre de Sécession transperça la maison mobile de Léonard et Kathy Mickelson à House Springs, au Missouri, fracassant une fenêtre et défonçant deux murs. À la suite de leur enquête, les policiers conclurent que quelqu’un, dans le voisinage, s’était servi d’un canon utilisé lors d’une reconstitution de la guerre civile et que c’était peut-être la seule explication possible. Toutefois, cela semble un crime assez étrange, sans parler du coût, car il aurait été plutôt facile d’en retrouver l’auteur. Pouvez-vous honnêtement imaginer un individu installant un canon de la guerre de Sécession et faisant feu en direction d’une maison au milieu d’un parc de roulottes ? Bon, peut-être était-ce le fait d’un homme éméché, mais ça ne semble guère plausible. Il y a au moins une possibilité que cela ait été causé par un portail dans le temps-espace qui s’était ouvert dans un champ de bataille de la guerre de Sécession, ce qui permettait la traversée d’une période de temps beaucoup plus longue. Tout comme dans les cas de hantises où l’assassinat d’une victime semble se répéter constamment pour les personnes séjournant dans la maison hantée, il se pourrait bien que les morts violentes et les traumatismes extrêmes survenant sur un champ de bataille créent une perturbation assez forte dans le Champ unitaire pour ouvrir un portail, littéralement une faille dans le temps.

    Extrait de Champ de conscience unitaire © David Wilcock, 2012

    Avant de vous téléporter vers les univers parallèles des autres participants dont vous trouverez la liste ci-dessous, j'aimerais encore vous interpeller sur Minority Report (2002) où on arrête les criminels avant qu'ils ne commettent leur crimes grâce à l'intervention de mutants dotés du prescience. Ici l'avenir conditionne donc le présent sans que le passé ait existé puisque le crime n'est jamais commis. Encore un paradoxe ubuesque, me direz-vous ? Oui, mais non car c'est un fait avéré et officiel : les Américains sont déjà en train de développer des algorithmes permettant de prévoir les crimes et plus généralement le projet Far Out (voir Articles connexes), fruit des efforts conjugués de Google et Microsoft devrait permettre de tout prévoir de A à Z. Visez à nouveau le paradoxe qui se pointe avec le caractère même des quantas. Quelle place pour l'infini — et accessoirement, la vie — là-dedans ?

    Ey@el

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 8 Novembre à 14:03

    Je prends enfin le temps de commenter ton article (c'est le prof que je suis sensée écouter qui va pas être content) ! J'aime beaucoup ton article, où comment nous faire des nœuds au cerveau mais pas trop quand même. Les notions dont tu parles sont hyper difficiles à la base (je pense notamment à la théorie des cordes) et là en comprends relativement bien de quoi tu parles. Ensuite j'ai beaucoup aimé ta partie sur le paradoxe. Du coup je me dis qu'il faut VRAIMENT que je regarde Retour vers le futur : tout le monde m'en parles. Quand aux anachronismes c'est … troublant !

    Bon bah maintenant je vais aller répondre à ton commentaire sur mon blog à moi !

      • Jeudi 8 Novembre à 15:27

        Merci de ton feedback. Je me demandais si je n'avais pas définitivement tué mes lecteurs avec ces concepts tordus. Bravo à toi d'y avoir capté quelque chose. La non linéarité du temps voire même la notion d'espace-temps impliquant qu'on puisse l'explorer est vraiment un truc avec lequel notre mental a du mal.

      • Jeudi 8 Novembre à 15:33

        Non, non je n'étais pas morte, juste affreusement occupée ! J'avoue que j'ai eu du mal au début mais en lisant bien attentivement on comprends. Et puis j'ai déjà entendu parler de tout ça donc j'avais déjà quelques notions pour me faciliter la tâche !

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